L’OMS donne de nouvelles directives sur l’avortement
À l’occasion de la Journée internationale de la femme (8 mars), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié de nouvelles lignes directrices sur la prise en charge de l’avortement. Ces recommandations actualisent et remplacent celles de 2012.
« Les directives sont le principal moyen par lequel l’OMS exerce son leadership technique en matière de santé » est-il affirmé en préambule.
Un résumé présente les lignes directrices du texte
L’introduction insiste qu’il s’agit de recommandations « inclusives », visant « les femmes cisgenres, les hommes transgenres, les personnes non binaires, fluides et intersexuées, ayant un appareil reproducteur féminin et capables de tomber enceintes ».
Le terme fixé est « le renforcement de l’accès aux soins complets en matière d’avortement au sein du système de santé est essentiel pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) liés à la bonne santé et au bien-être et à l’égalité des sexes ».
Enfin il est rappelé que « l’avortement est une intervention sanitaire sûre et sans complication qui peut être prise en charge efficacement par des médicaments ou par une intervention chirurgicale qui peut être pratiquée dans divers contextes ».
Recommandations
Elles recouvrent spécialement 3 domaines : la législation et la politique ; les services « médicaux » ; et la prestation de services.
A) Les recommandations relatives à la législation et à la politique concernent :
1. La criminalisation de l’avortement : la dépénalisation totale de l’avortement est recommandée. Ce qui signifie : « retirer l’avortement de toutes les lois pénales », non seulement pour la femme qui avorte mais « pour tous les acteurs impliqués ».
2. Les approches fondées sur les motifs pour restreindre l’accès à l’avortement (santé de la femme, viol…) devraient être révisées en faveur de la mise à disposition de l’avortement à la demande. Jusqu’à ce que l’avortement à la demande soit disponible, tous les motifs existant devraient être formulés et appliqués d’une manière conforme au droit international et aux droits de l’homme.
Il ne devrait pas non plus y avoir d’obligation de démontrer ou de prouver que les conditions sont réunies (décision de justice ou rapport de police en cas de viol).
3. Limite d’âge gestationnel : recommander de s’opposer aux lois et autres réglementations qui interdisent l’avortement en fonction des limites d’âge gestationnel.
4. Délais d’attente obligatoires avant de se soumettre à un avortement demandé : ces périodes d’attente obligatoires pour l’avortement devraient être supprimées. Cela implique de pratiquer l’avortement immédiatement après la demande.
5. Autorisation d’avortement par un tiers : l’accès à l’avortement ne doit pas être conditionné à l’autorisation d’une autre personne. En d’autres termes, l’avortement peut être pratiqué à l’insu des parents ou du partenaire.
6. Restrictions concernant les agents de santé autorisés à fournir des services d’avortement : elles dépendent du type d’avortement : par exemple, pour un avortement médicamenteux avant 12 semaines, tout agent de santé devrait être compétent.
7. Objection de conscience ou refus pour des raisons de conscience par les prestataires de soins de santé : « S’il est impossible de réglementer l’objection de conscience d’une manière qui respecte, protège et réalise les droits des personnes demandant un avortement, l’objection de conscience peut devenir indéfendable.
B) Recommandations concernant les services cliniques relatifs aux méthodes d’avortement et aux soins connexes
Pour l’avortement médical et chirurgical : « L’utilisation d’ultrasons n’est pas recommandée comme condition préalable à la prestation de services d’avortement. » – Sans doute pour éviter la visualisation de l’enfant qui peut faire reculer.
Pour l’avortement médicalisé après 12 semaines, il est stipulé que « les tissus de la grossesse doivent être traités de la même manière que tout autre matériel biologique, sauf si la personne exprime le souhait d’être traitée autrement ». – En d’autres termes, le cadavre de l’enfant à naître serait traité de la même manière que les déchets pathologiques.
C) Les recommandations sur la prestation de services
Elles concernent les catégories d’agents de santé qui peuvent fournir les services en question et comprennent pour la première fois une recommandation sur la télémédecine pour l’avortement médical : « l’option de la télémédecine est recommandée comme alternative aux interactions en face à face avec l’agent de santé pour faciliter l’avortement médical précoce ».
L’OMS contre la santé des femmes
A la lecture de ces directives, il est licite de se demander en quoi la santé est concernée, puisqu’il n’est question que de tuer des enfants innocents. Le terme médical n’a plus de sens dans le sigle de l’OMS qui pourrait tout aussi bien signifier : organisation d’un massacre en sécurité.
Ce massacre est bien réel. Il s’agit d’une violence qui touche spécialement les femmes et leurs enfants non-nés. Alors que la suppression de la peine de mort est prônée par divers courants sociaux et politiques, les femmes se trouvent investies – et elles seules selon les directives – d’un pouvoir de vie de mort qui fait plus de 50 millions de victimes chaque année sur la planète.
Les femmes – la plupart d’entre elles – n’en sortent pas indemnes. Même un soldat expérimenté pourra le dire : il n’est pas facile de tuer un homme. C’est pourquoi tout est mis en œuvre pour faire croire que ce n’est pas un enfant que l’on tue, mais un bout de chair que l’on retire, une sorte de tumeur. Déshumaniser pour pouvoir tuer plus facilement.
Mais cette parade dérisoire est insuffisante, et le syndrome post-avortement est désormais reconnu même par les plus acharnés. Mais c’est un simple dommage collatéral. Comme s’il s’agissait d’une guerre.
Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Tant que cette violence continuera, tant que l’on déshumanisera les plus petits et les plus démunis, tant que les femmes en subiront le contre-coup, la violence ne pourra qu’augmenter dans le monde.
(Sources : who.int/notivida.org – FSSPX.Actualités)
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