Mgr Koch remplace le cardinal Kasper au Conseil pour l’unité des chrétiens

Source: FSSPX Actualités

Dans une lettre adressée au clergé du diocèse de Bâle, datée du 29 juin, Mgr Kurt Koch a annoncé sa nomination à la tête du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, en remplacement du cardinal Walter Kasper, touché par la limite d’âge. L’évêque de Bâle devient également président de la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme. « Avec la tâche qui m´est à présent confiée, écrit-il, je porte la responsabilité des dialogues œcuméniques dans lesquels est engagée notre Eglise. Je suis en même temps responsable des relations religieuses avec le judaïsme avec lequel notre Eglise est liée de manière particulière. Je me réjouis de cette tâche et espère pouvoir servir, avec toutes les forces dont je dispose, ces défis devenus si importants depuis le Concile Vatican II. » 

Dans cette lettre, Mgr Koch a tenu à montrer combien l’engagement du pape en faveur de l’œcuménisme est irréversible : « Le reproche selon lequel le pape Benoît XVI voudrait retourner en arrière, vers la situation d´avant le Concile Vatican II, est largement répandu dans l'opinion publique, que ce soit par ignorance ou bien intentionnellement de la part de certains théologiens qui devraient pourtant savoir ce qu´il en est vraiment, mais proclament publiquement le contraire. Ce reproche correspond à un grave malentendu. A celui qui ne se contente pas des informations - en partie très sélectives et défigurant la réalité - que transmettent différents médias, mais qui prend connaissance de ce que dit et fait réellement le pape, la conclusion s´impose : le pape Benoît XVI ne veut en aucune manière retourner en arrière, il veut au contraire conduire notre Eglise dans la profondeur de ce qu´elle est. Il ne s´agit pas pour lui de réaliser simplement des réformes isolées, mais de permettre que le fondement et le cœur de la foi et de l´Eglise parviennent à un nouveau rayonnement. De la même manière que le pape, au regard de l´histoire de l´Eglise, voit dans la réforme franciscaine un modèle de réforme réussie, il travaille aujourd´hui en vue d´une re-formatio de l´Eglise de l´intérieur, pour que l´Eglise retrouve sa forme authentique, comme l´a déjà réalisé le Concile Vatican II ».

Mgr Koch avait été reçu en février dernier par Benoît XVI au Vatican. C´est à cette occasion que le pape lui avait demandé s´il était disposé à reprendre cette tâche, précise-t-il dans sa lettre. Le souverain pontife avait souligné à cette occasion qu´il était important que ce poste soit à nouveau occupé par quelqu´un qui ne connaisse pas seulement les confessions et les communautés religieuses nées de la Réforme à partir de la littérature, mais par une expérience immédiate. Ainsi, note l´évêque de Bâle, le pape a une nouvelle fois montré que ce n´est pas seulement l´œcuménisme avec les orthodoxes qui lui tient à cœur, mais aussi l´œcuménisme avec les protestants.

La nomination de Mgr Koch a été rendue publique le 1er juillet. Agé de 60 ans, le prélat suisse était évêque de Bâle depuis 1995, il fut président de la Conférence des évêques de Suisse de 2007 à 2009. En 2002 déjà, il avait été nommé membre du Conseil pontifical pour la promotion de l´unité des chrétiens et, de ce fait, membre de la commission internationale pour le dialogue théologique entre les Eglises orthodoxes et l´Eglise catholique romaine, et membre de la Commission internationale catholique-luthérienne pour l´unité. Le 30 juin, la Conférence des évêques suisses (CES) saluait la nomination de l’évêque de Bâle : « C´est désormais sur le plan mondial que Mgr Kurt Koch pourra apporter ses brillantes compétences théologiques et ses fines connaissances dans les relations œcuméniques, les questions sociales et les relations entre Eglise et Etat ».

La Fédération des Eglises protestantes de la Suisse (FEPS) a également félicité Mgr Koch. Dans un message publié le 30 juin à Berne, son président, le pasteur Thomas Wipf, relève la « grande compétence théologique » de l´évêque de Bâle et sa longue expérience de l'œcuménisme en Suisse, qui « le prédestinaient à cette charge ». Et de relever à l´adresse de Mgr Koch : « En des périodes de recul du mouvement œcuménique, vous n´avez cessé de montrer votre disponibilité tenace à dialoguer et votre volonté de débattre sur le fond des problèmes ». Le pasteur Wipf exprime l´espoir que dans ses nouvelles fonctions, Mgr Koch « pourra faire fructifier son expérience et pratiquer un œcuménisme d´égal à égal, notamment avec les Eglises réformées ».

A Genève, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) a aussi adressé ses vœux à Mgr Koch. Le 30 juin, le pasteur Olav Fykse Tveit a dit se réjouir de « travailler avec lui pour l´unité visible de l´Eglise », et a ajouté : « L´évêque Koch est bien connu pour son ouverture et son profond engagement œcuménique. Nous voyons dans l´évêque Koch un partenaire fiable pour toutes les personnes impliquées dans le mouvement œcuménique et nous avons confiance qu´il continuera avec l´accent qu´avait mis le cardinal Walter Kasper, celui de l'œcuménisme spirituel ».

Commentaire

Il convient de prendre acte de l’affirmation du nouveau responsable officiel de l’œcuménisme à Rome : « Benoît XVI ne veut en aucune manière retourner en arrière », c’est-à-dire à ce qui était enseigné avant le Concile Vatican II, - dans l’encyclique Mortalium animos de Pie XI, par exemple. On doit également noter que, selon le prélat suisse, le pape souhaite une re-formatio, une réforme permettant à l’Eglise de « retrouver sa forme authentique, comme l’a déjà réalisé le Concile Vatican II ». La lecture des extraits du dernier ouvrage de Mgr Gherardini (voir nos Documents) montre qu’une telle reformatio est plus que compromise puisque, selon le directeur de la revue Divinitas, ce concile est en conflit avec la Tradition sur au moins 9 points qui ne sont pas mineurs. En passant, on peut aussi se demander si cette reformatio, présentée comme « déjà réalisée par Vatican II » a encore besoin d’être faite. Et si elle a déjà été réalisée, quels en sont ses fruits ? La création d’un nouveau Conseil pontifical pour l’évangélisation des pays qui « vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte d´éclipse du sens de Dieu », fournit un élément de réponse appréciable.

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