Mossoul : les Syro-catholiques accueillent leur archevêque
Mgr Benedict Qusay Mubarak Abdullah Younan Hano
Les catholiques de rite syriaque de Mossoul ont désormais un nouvel archevêque, ordonné le 3 février 2023 en l’église Al Tahira de Qaraqosh (nord de l’Irak). Un prélat qui devra faire l’unité dans son Eglise, travailler à combattre l’idéologie – encore vivace – de l’organisation Etat islamique (EI) et promouvoir les relations avec l’Eglise catholique chaldéenne.
Mgr Younan Hano est un jeune archevêque. Né à Qaraqosh, en Irak, le 10 septembre 1982, après des études d’infirmier, le futur prélat entre au séminaire, d’abord à Bagdad puis au Liban, où il obtient une licence en philosophie et théologie à l’Université du Saint-Esprit.
Après son ordination sacerdotale le 29 juin 2011, il est incardiné dans l’archiéparchie de Mossoul des Syriens, où il exerce successivement les fonctions de vicaire à la paroisse Mar Jacob de Qaraqosh, secrétaire particulier de l’archevêque, puis vicaire auprès des déplacés syriens d’Erbil, à la suite de l’invasion de la plaine de Ninive par les combattants de l’EI.
Le 7 janvier 2023, le souverain pontife confirme son élection comme évêque de Mossoul, effectuée par le synode des évêques du patriarcat d’Antioche des Syriens, ouvrant la voie à son ordination épiscopale le 3 février suivant.
Une élection qui n’a pas été sans surprise, car à deux reprises, le candidat choisi par le patriarcat syro-catholique n’a pas été confirmée par l’hôte de Sainte-Marthe.
Le nouvel archevêque de Mossoul sait d’ores et déjà qu’il a du pain sur la planche : dans l’Eglise syrienne-catholique dont il est membre, profondément désunie en raison de fractures internes ; mais aussi en raison de la tentation de l’exode à laquelle les jeunes cèdent, toujours plus nombreux.
Pour Yohanna Towaya, qui dirige une ONG active dans la région, l’Eglise syrienne-catholique « est en hibernation depuis dix ans dans la plaine de Ninive », et « le nouvel archevêque devra rétablir les relations avec les autres Eglises chrétiennes – au nombre de six en Irak – et former un nouveau clergé ».
L’Eglise syriaque est en fait l’Eglise d’Antioche, établie par le premier pape, saint Pierre. Elle est actuellement issue de la partition d’avec les « orthodoxes », au XVIIIe siècle. C’est en 1783 qu’a lieu une véritable élection synodale, débouchant sur la nomination valide d’un patriarche syriaque catholique reconnu par Rome.
Le Patriarcat des syriaques catholiques se trouve à Beyrouth, au Liban, mais la plupart des fidèles syro-catholiques vivent en Irak, où ils sont environ 42.000 ; en Syrie, où ils sont 26.000. Et 55.000 dans la diaspora…
(Sources : Asianews/La Croix – FSSPX.Actualités)
Illustration : Asianews