Pavlov journaliste

Source: FSSPX Actualités

Une certaine presse a toujours recherché le sensationnel, réputé plus « vendeur ». Aujourd’hui, avec Internet, on peut traquer l’information exclusive « en temps réel », et faire monter l’audience de son site grâce à quelques titres astucieusement choisis.

Le 24 mai, on apprenait que Mgr Luigi Martella, évêque de Molfetta (Italie), avait révélé dans son bulletin diocésain que le pape François allait signer l’encyclique sur la foi rédigée par Benoît XVI. On aurait donc pu titrer : « François dans la continuité de son prédécesseur ». Ou mieux : « Benoît XVI : le nègre du pape actuel ». Ou plus moderne : « Le ghostwriter du Vatican ». Ou plus racoleur : « Benoît l’a écrite, François l’a paraphée ». Etc.

On aurait pu..., si le soir même de ce 24 mai, le P. Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, n’avait démenti catégoriquement, affirmant que le pape avait simplement repris le projet de son prédécesseur, sans qu’on puisse dire à quelle date paraîtrait l’encyclique sur la foi.

Certains journalistes cherchent à provoquer des réflexes conditionnés chez leurs lecteurs, d’autres pas. C’est toute la différence entre le réflexe et la réflexion.

Abbé Alain Lorans