Philippines : Après le passage du typhon Haiyan, l’aide caritative s’organise

Avec des vents culminant à 315 kilomètres/heure, le typhon Haiyan qui s'est abattu sur les Philippines, le 7 novembre dernier, a fait des milliers de morts et laissé des centaines de milliers de personnes sans logement. Dans un communiqué publié le 11 novembre sur le site www.sspxasia.com, l’abbé Daniel Couture, supérieur du district d’Asie de la Fraternité Saint-Pie X, a constaté que la tempête a eu « les mêmes effets dévastateurs que le tsunami de 2004. L’île de Leyte, en particulier, et sa capitale Tacloban (250.000 habitants, NDLR) ont été les plus touchées. » La Fraternité Saint-Pie X n’a pas non plus été épargnée puisque la chapelle de cette même ville a été détruite, ainsi que le véhicule de la mission qui y stationnait. Dans un compte-rendu du 18 novembre, l’abbé Couture a indiqué que les « fidèles de Tacloban, qui ont tout perdu (…) se trouvent actuellement au camp de réfugiés de la Fraternité Saint-Pie X à Bato », à une centaine de kilomètres plus au sud.

Le dimanche 10 novembre, lors de l’Angelus de midi, le pape François a appelé les fidèles à faire parvenir une « aide concrète » aux habitants des régions touchées par la catastrophe, en particulier les Philippines. Il a également demandé quelques instants de silence en mémoire des victimes du cyclone et a ensuite récité avec la foule réunie place Saint-Pierre, un « Je vous salue Marie ».

Sur place, les conditions sanitaires sont très difficiles, l’aide humanitaire ayant tardé à venir. Hélène Robin, responsable des programmes d'urgence à Handicap international, une ONG présente aux Philippines depuis 1985, relève que « c’est très difficile car on ne peut pas s’appuyer sur des infrastructures qui n’existent plus : les aéroports sont bloqués, il n’y a pas de carburant, et donc pas d’accès par les zones aériennes. On doit essayer le transport plus secondaire par bateau ou par camion. » Dans un entretien accordé à RFI le 14 novembre dernier, la responsable humanitaire reconnaît avoir « rarement été confrontée à une telle complexité ». Pour Valérie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations Unies chargée des affaires humanitaires, également interrogée par RFI le même jour, c’est la « crise la plus meurtrière et destructrice » qui ait jamais touché le pays.

L’abbé Timothy Pfeiffer, de la Fraternité Saint-Pie X, présent sur place notamment pour distribuer des vivres, témoigne dans un compte-rendu du 16 novembre publié le lendemain sur le site sspxasia.com, combien l’aide arrive lentement : « La plupart des gens sont encore sans riz, presque tous sans abri puisque les habitations en béton ont conservé leurs murs mais n’ont plus de toit. » L’insécurité est également grandissante. « Les pillages et l'insécurité générale sont inquiétants », a déploré à l’AFP Cat Carter, de l'ONG Save the Children. L’abbé T. Pfeiffer précisait le 14 novembre : « Les gens ont peur. Tout près de là où nous sommes, il y a eu 3 viols. La guérilla communiste rôde dans les collines environnantes pour essayer de récupérer des aides alors que l’armée officielle n’est pas très présente. » Pour Cat Carter, « trouver un endroit sûr pour stocker l'aide la nuit est un vrai défi », soulignant l'absence d'électricité et le manque de coordination liés aux télécommunications coupées. Pour décourager les maraudeurs, les autorités ont instauré un couvre-feu à Tacloban.

L'agence vaticane Fides, devant les milliers d’enfants qui se retrouvent orphelins et deviennent les victimes privilégiées des pillards, cite le Père Shay Cullen, missionnaire aux Philippines depuis 1969 : « sous le prétexte de sauver ou de soigner les enfants, les trafiquants les enlèvent et les vendent à des pédophiles. Ou alors ils gagnent de grosses sommes en fournissant des enfants en vue d’adoptions illégales. Pire encore, ils peuvent les introduire dans l’enfer de la prostitution, en faisant des esclaves de l’exploitation sexuelle ». Ce trafic est contrôlé par des organisations criminelles présentes sur l’ensemble du territoire national. Selon des données de l’UNICEF publiées avant le passage du typhon, le nombre d’enfants victimes est estimé entre 60.000 et 100.000. La prostitution des mineurs est particulièrement développée dans les zones touristiques des Philippines et la situation chaotique risque de renforcer ce phénomène.

Les autorités locales demandent également de l'aide pour donner une sépulture décente aux victimes, alors que les rues de certaines zones sont toujours jonchées de cadavres en décomposition. « Nous avons besoin d'un sentiment de normalité », déclarait à l’AFP Gwendolyn Pang, secrétaire générale de la Croix-Rouge des Philippines, ajoutant que les sinistrés ne devraient pas avoir à vivre en regardant « des corps, des animaux morts et des débris partout ». Un sentiment partagé par le maire de Tacloban, Alfred Romualdez, qui réclame en particulier des moyens de transport pour évacuer ces corps qui ont commencé à être enterrés dans des fosses communes. « Je ne peux pas utiliser un camion pour ramasser les cadavres le matin et l'utiliser pour distribuer de l'aide l'après-midi », souligne-t-il.

Grâce au porte-avions américain George Washington, rapportait l’AFP le 16 novembre, des navettes incessantes d'hélicoptères et d'avions ont pu être mises en place pour apporter des palettes d'eau et de nourriture à Tacloban, l'une des villes les plus meurtries de l'île de Leyte, et dans les zones isolées. Ainsi, à Giporlos, petite ville de 12.000 habitants sur la côte est de l'île de Samar, frappée de plein fouet par le typhon, des hélicoptères américains ont pu atterrir dans la cour d'une école en ruine avec le premier ravitaillement. Dans la ville voisine de Guiuan, des avions chargés d'aide se posent et décollent sans relâche sur un ancien aéroport militaire.

Si l’attitude générale des Philippins est celle d’une « résignation morne » constate l’abbé T. Pfeiffer, il précise dans son compte-rendu du 16 novembre que « ceux qui ne peuvent pas évacuer les lieux vont mieux puisqu’ils sont tout occupés à leur survie ».

Le 18 novembre, le district d’Asie de la Fraternité Saint-Pie X a annoncé que « la mission médicale Rosa Mystica n°8 ne s’installera pas à Santa Barbara, dans la province d’Iloilo, comme il avait été décidé en début d’année mais plutôt, si Dieu le veut, dans la ville dévastée de Tacloban, du 19 au 25 janvier prochain. » Pour cette mission, des médecins et des infirmières sont recherchés, de même une « petite équipe de personnes qualifiées dans les domaines de la construction, de la charpente, de la plomberie serait des plus utiles pour aider quelques familles à réaliser leurs propres abris. »

La Fraternité Saint-Pie X a déjà pu acheminer 1,5 tonne de riz sur place. Merci de votre générosité !

Pour aider la mission de la Fraternité Saint-Pie X aux Philippines :

- chèques libellés à l'ordre de MISSIONS (en mentionnant « Philippines ») à adresser à MISSIONS, 60 avenue du Général Leclerc, 78230 Le Pecq (reçu fiscal sur demande)

IBAN: FR76 3000 3018 6000 0372 7114 114  -  BIC: SOGEFRPP

- chèques à l’ordre de « ACIM », adressés avec mention « pour les victimes du typhon » à : Docteur JeanPierre Dickès, 2 route d’Equilhen, 62360 Saint Etienne au Mont (reçu fiscal sur demande).

(Sources : apic/sspxasia.com/fides/rfi/afp – DICI n°285 du 22/11/13)