Plusieurs projets de loi sur le divorce agitent les Philippines

Source: FSSPX Actualités

Le Sénat philippin a commencé à examiner au mois de septembre 2019 plusieurs projets de loi visant à légaliser le divorce civil. Les évêques de l’archipel ont fait connaître leur opposition et leur inquiétude. Une récente enquête d’opinion montre qu’une moitié des Philippins n’y seraient plus défavorables. 

Ils sont encore deux Etats à résister à la destruction des familles par le divorce : le Vatican et les Philippines qui refusent, jusqu’à présent, de le légaliser.  

Déjà en mars 2018, un premier projet de loi sur le divorce avait été voté à une large majorité par la chambre basse du Parlement de Manille, mais il avait échoué au Sénat. Plus d’un an après, trois projets de loi sont présentés devant la chambre haute. L'un d’eux propose de légaliser le divorce en avançant l’incapacité psychologique, le manque de consentement ou l’incapacité à engendrer, ainsi qu’une mosaïque de motifs allant de l’adultère à l’addiction aux jeux vidéos, des comportements violents à la toxicomanie, l'homosexualité, la bigamie et l'infidélité... L’un de ces motifs étant constaté, la procédure de divorce serait lancée à l’issue d’une période de « six mois de réflexion », devant permettre une hypothétique réconciliation. 

L’Eglise catholique a immédiatement réagi : « le divorce s’oppose au bien de l’enfant, de la famille, et du mariage : il est de plus anticonstitutionnel », relève le Père Jérôme Secillano, porte-parole de la Conférence des évêques des Philippines. Et d’ajouter que le divorce « conduit à la désintégration de la famille ». 

Fenny Tatad, membre de la Commission pour la famille de la Conférence épiscopale, a expliqué pour sa part que « le reste du monde a beaucoup à apprendre des Philippines en ce qui concerne la défense du caractère sacré et indissoluble du mariage ». La Constitution philippine affirme que « le mariage, en tant qu’institution sociale inviolable, est le fondement de la famille et doit être protégé par l’Etat ». 

Un document rédigé par 77 organisations catholiques et envoyé à Fides le 20 septembre 2019, rappelle que l’Etat « a le devoir de protéger plutôt que d’affaiblir le mariage comme institution sociale ». 

Pour combien de temps cependant ? Si les Philippines comptent encore 80% de catholiques, une mentalité sécularisée gagne peu à peu les masses : une enquête relayée par plusieurs médias de l’archipel tend à montrer que 53% des Philippins adultes ne seraient plus opposés à la légalisation du divorce. Ce sondage participe visiblement de la campagne d’opinion visant à faire pression sur les sénateurs.