Pologne : Les directives des évêques pour l’application du Motu Proprio
Selon eux, ce « Motu Proprio et la lettre d’accompagnement adressée aux évêques donnaient schématiquement les conditions pour la célébration de la messe d’après le Missale Romanum promulgué par le Bienheureux pape Jean XXIII », ils entendent donc fixer des conditions non plus schématiques, mais précises.
On peut ainsi relever les points suivants :
1. La liturgie de la paroisse doit être célébrée dans la forme ordinaire. Là où le besoin s’en fait sentir, les dimanches et les fêtes d’obligation, une messe de plus peut être célébrée dans la forme extraordinaire, toutefois elle ne peut pas remplacer la messe dans la forme ordinaire (cf. Summorum Pontificum, Art. 5 § 2).
2. L’éventualité de la célébration de la messe dans la forme extraordinaire dans les communautés paroissiales doit tenir compte du bien-être spirituel de l’ensemble de la communauté à laquelle appartiennent les fidèles qui en font la demande. L’introduction de la forme extraordinaire de la messe ne doit pas susciter des tensions ou causer des divisions (cf. Summorum Pontificum, Art. 5 § 1). Le désir d’un certain groupe de fidèles d’avoir la messe célébrée selon le Missale Romanum du Bx Jean XXIII ne doit pas créer de difficultés aux autres fidèles qui prennent part à la messe célébrée dans la forme ordinaire du rite.
(…)
4. Les demandes de permission pour la célébration de la Messe dans la forme extraordinaire peuvent être faites par des groupes de laïcs activement engagés dans une paroisse donnée (cf. Summorum Pontificum, Art. 5 § 1 et Art. 7) et envoyées au curé/recteur. Si les groupes comprennent des membres de différentes paroisses, les demandes doivent être adressées à l’évêque diocésain.
Le n° 5 des directives épiscopales polonaises accorde aux ordinaires un droit que n’avaient pas prévu le Motu Proprio et sa lettre d’accompagnement : « 5. Les évêques diocésains ont le droit de déterminer le genre et la taille du groupe qui a le droit de faire une demande pour avoir la messe dans la forme extraordinaire. »
Le n° 6 détermine les qualités requises des prêtres désirant célébrer la messe traditionnelle : « 6. Les prêtres qui célébreront la messe dans la forme extraordinaire du rite (cf. Summorum Pontificum, Art. 5 § 4) devront remplir les conditions suivantes :
- Accepter toute la liturgie de l’Eglise dans sa forme ordinaire et extraordinaire (cf. lettre d’accompagnement du pape Benoît XVI) ;
- Bien connaître la forme extraordinaire du rite ;
- Comprendre le latin ;
- Avoir des servants de messe bien formés pour la célébration du rite extraordinaire.
Les conditions ci-dessus seront soumises à une vérification formelle par les Comités liturgiques diocésains ».
La dernière phrase du n° 7 souligne que si la messe peut être tridentine, la prédication devra être conciliaire : « 7. Le calendrier et l’ordre des lectures du Missale Romanum 1962 devront être utilisés pour la célébration de la messe dans la forme extraordinaire de 1962. On devra faire attention aux ajouts, déjà annoncés, d’ici un certain temps pour le Calendrier par la Commission Ecclesia Dei. Pour la proclamation des lectures en vernaculaire (cf. Summorum Pontificum, Art. 6), les péricopes doivent être tirées d’un lectionnaire approuvé du Missel pour les diocèses, par exemple Pallotinum Poznan de 1972-2004. Eventuellement, le Missale Romanum des Bénédictins de l’Abbaye de Tyniec (Pallotinum Poznan, 1963) peut être utilisé.
La prédication au cours de la messe dans la forme extraordinaire du rite doit être dans la ligne de l’enseignement de Vatican II ».
Le n° 8 écarte la fondation de paroisses personnelles : « 8. Pour le moment, les évêques polonais ne voient pas l’utilité du droit d’établir des paroisses personnelles (cf. Summorum Pontificum, Art. 10) pour la célébration de la forme extraordinaire du rite romain ».
Le n° 10 suggère que la messe de Paul VI en latin pourrait avantageusement satisfaire des fidèles : « 10. En référence aux instructions du Motu Proprio, il serait bon de réfléchir s’il ne faudrait pas célébrer une Eucharistie du dimanche en latin en suivant le Missale Romanum du pape Paul VI. Il y a des gens qui désirent prendre part à une telle messe. Dans certaines églises, cette liturgie en latin est célébrée et généralement accessible aux fidèles ».
Signées de la main de Mgr Jozef Michalik, président de la Conférence épiscopale polonaise, et de Mgr Stefan Cichy, président du Comité de liturgie de l’épiscopat polonais, ces directives ont pris effet le 15 octobre 2007. (Source : Zenit)