Québec : Projet de loi sur « le fait religieux dans l’espace public »

Source: FSSPX Actualités

En 2013, le projet de la « Charte de la laïcité » avait suscité la crainte des catholiques du Québec, ainsi que des organisations juives et des milieux musulmans (voir DICI n°285 du 22/11/13), avant d’être abandonné suite à la défaite électorale du Parti québécois aux élections d’avril 2014. Aujourd’hui, les débats sur « le fait religieux dans l’espace public » refont surface, avec le projet de loi 62.

D’après le site d’information francophone canadien, La Presse, le 27 octobre 2016, le projet vise à « fournir aux organismes publics et institutions des balises servant à les aider à répondre adéquatement aux demandes d’accommodements religieux », afin de « respecter le droit à l’égalité entre les femmes et les hommes », sans « compromettre la neutralité religieuse de l’Etat » ni « imposer aucune contrainte excessive ». — En clair, un compromis laïc pour ne pas compromettre la laïcité…

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui dirige la consultation autour du projet de loi, a affirmé. le 18 octobre. que « la neutralité religieuse de l’Etat québécois ne s'affichera pas par l'apparence de la personne ». Le site d’information a ainsi précisé, le même jour, qu’« en principe, rien n'empêchera une policière ou une juge de porter un hijab, ce foulard porté par les musulmanes qui recouvre la tête mais laisse l’ovale du visage découvert. Une femme cachée sous son tchador, ce voile intégral noir qui dégage seulement le visage, pourra – elle aussi – obtenir ou offrir des services de l'Etat. »

Selon Fatima Houda-Pepin citée le 27 octobre, le projet fait preuve de « soumission à l'islamisme ». Interrogée en commission parlementaire le même jour, l’ancienne députée libérale a déclaré que « le projet de loi 62 est à reprendre. Si vous voulez faire une œuvre utile (…) pour le Québec, il doit être réécrit. »

Par ailleurs le projet ne fait pas mention des symboles liés à des religions et à des noms à caractère religieux. L'article 13 stipule toutefois que « les mesures prévues par la présente loi ne peuvent être interprétées comme ayant un effet sur les éléments emblématiques ou toponymiques du patrimoine culturel du Québec, notamment du patrimoine culturel religieux, qui témoignent de son parcours historique ». Il n’est donc pas question — pas encore ? — de changer les vocables des municipalités ou des rues qui affichent le nom d'un saint ou d'une sainte, ou d’enlever la croix du Mont-Royal.

(Sources : apic/radio vatican/AECQ/huffingtonpost – DICI n°344 du 11/11/16)