Réactions après la visite du pape à la synagogue de Rome

Dans la soirée du 17 janvier, après la visite de Benoît XVI à la synagogue de Rome, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, n´a pas caché sa déception devant certains propos pro-israéliens prononcés par le président de la communauté juive de Rome, Riccardo Pacifici. Interrogé par l’agence romaine I.Media, il a déclaré : « J´aurais aimé autre chose ».

Riccardo Pacifici avait évoqué devant le pape « le silence de Pie XII devant la shoah », mais aussi « la haine » du « fondamentalisme islamique », la promesse iranienne de détruire Israël, ou encore demandé la libération du jeune soldat israélien Gilad Shalit, capturé par le Hamas en juin 2006. Mgr Fouad Twal a affirmé que le président de la communauté juive de Rome était « trop jeune » : « Dans un discours comme cela, il ne faut pas nommer des gens, comme pour la question de ce pauvre Shalit qui est encore à Gaza », a-t-il déclaré. « Nous sommes pour la libération de Shalit, et nous sommes pour la libération des 11.000 Palestiniens qui sont en prison ». Le prélat jordanien a jugé que cette visite du pape « n´était pas le lieu » pour une telle revendication.

Répondant également aux questions du journaliste d’IMedia, Antoine-Marie Izoard, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence épiscopale française, un des rares cardinaux présents à cette rencontre, a confié combien « l´événement en lui-même » lui avait « paru très impressionnant ». L´archevêque de Paris a déclaré que « la visite du pape dans une période qui n´est quand même pas des plus faciles » avait permis de « voir comment les difficultés réelles qui ont été rencontrées dans les mois écoulés n´ont pas dissout les liens qui se sont tissés à travers le chemin parcouru depuis bientôt un demi-siècle ». « Les pas qui ont été franchis sont des pas définitifs », a renchéri le prélat français pour qui « cela n´empêche pas qu´il puisse y avoir des dissonances ou des discordances ». A ses yeux, cependant, « le principal est que l´on soit décidé et capable d´affronter ces différences ensemble ».

Le souci du cardinal Vingt-Trois de manifester les liens étroits qui se sont tissés selon lui, depuis le concile Vatican II, entre le judaïsme et le catholicisme, l’a amené à inviter le rabbin Rivon Krygier à prendre la parole dans la cathédrale Notre-Dame de Paris lors d’une conférence de carême, le 21 mars prochain. Le rabbin traitera avec le professeur de philosophie, Dominique Folscheid, du thème Enracinement et ouverture que le programme officiel des conférences présente en ces termes : « Les Déclarations de Vatican II sur la permanence d'Israël, sur l'œcuménisme, sur le dialogue interreligieux, sur la liberté civile de religion sont le fruit d'un nouvel enracinement et d'une ouverture. La reconnaissance d'Israël comme partie intégrante du dessein de salut a permis de renouer les liens spirituels de l'Église catholique avec le peuple juif après la Shoah. Ce renouveau est inséparable de l'ouverture à l'œcuménisme, des rencontres interreligieuses comme celle d'Assise et du dialogue avec les humanismes séculiers. » Le titre général des conférences du carême 2010 à Notre-Dame de Paris est Vatican II, boussole pour notre temps, avec pour sous-titre : Plus de quarante ans après qu’est devenu le Concile ? (DICI n°208 du 23/01/10 – Sources : IMedia/Zenit)

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