République Démocratique du Congo : l’Eglise manifeste son unité

Source: FSSPX Actualités

Mgr Laurent Monsengwo, cardinal-archevêque de Kinshasa.

Le 19 février 2018, à l’issue de la réunion de la Conférence des évêques de la RDC, les prélats congolais ont dressé un constat sévère et inquiet de la situation du pays, déplorant la « répression sanglante », la « campagne de dénigrement et de diffamation » de l’Eglise catholique, une application « sélective et biaisée de l’accord de la Saint- Sylvestre » et enfin une « extension inquiétante des zones d’insécurité ».

En République Démocratique du Congo, l'Eglise demeure sous la pression du pouvoir politique qui la critique en raison de son engagement. Alors que certains la présentent comme divisée, elle a réaffirmé son unité, sa détermination et son soutien moral et unanime au Comité laïc de coordination, un mouvement qui a organisé des marches pacifiques violemment réprimées. Pour la seule journée du 31 décembre 2017, il y eut au moins six morts et des centaines d'arrestation. La nonciature apostolique avait peu après dénoncé « la réaction disproportionnée des Forces de sécurité » congolaises. Depuis, les marches du 21 janvier et du 25 février 2018 ont été interdites et réprimées à coups de bâtons et de gaz lacrymogène. Mais aussi, selon le curé de la paroisse Saint-Benoît à Lemba, de tirs à balles réelles. Tous les rassemblements ont eu lieu aux abords des cathédrales et des paroisses. Le bilan de la dernière marche fait état d'un mort et deux blessés par balle.

Le 23 janvier, le cardinal-archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent Monsengwo, n'a pas mâché ses mots pour dénoncer la répression violente et les nombreuses exactions commises par les forces de l'ordre. « Sommes-nous dans une prison à ciel ouvert ? », s'est-il même demandé lors d'une conférence de presse.

Si la Conférence épiscopale congolaise (CENCO) n’organise pas ces manifestations, elle considère qu’il est pleinement dans la mission des prêtres d’être aux côtés de leurs fidèles dans leur lutte « pour l’avènement d’un Etat de droit ».

La Cenco demande d’ailleurs l’annulation « des édits interdisant les manifestations pacifiques » et « la fin des menaces et poursuites contre les organisateurs des marches pacifiques » qui vivent aujourd’hui dans la clandestinité de peur d’être arrêtés.

Les évêques se défendent de toute collusion avec l’opposition. Ils demandent aussi à la commission électorale de lever les suspicions de trucage des élections, en acceptant le contrôle d'experts nationaux et internationaux. Sinon, ils entrevoient la tenue d'élections par avance contestées, qui verront s'éloigner les fragiles espoirs de paix pour lesquels l'Eglise entend travailler sans relâche.