Saint Bernard de Clairvaux, un exemple pour notre temps

Le 20 août en la fête de saint Bernard de Clairvaux (1091-1153) Benoît XVI a cité ce "grand docteur de l’Eglise" lors de l’angélus, en précisant que "son exemple et ses enseignements se révélaient particulièrement utiles en notre temps".

 "S’étant retiré du monde après une période de fort tourment intérieur, il fut élu, à l’âge de 25 ans, père abbé du monastère cistercien de Clairvaux qu’il dirigea pendant 38 ans jusqu’à sa mort. La consécration au silence et à la contemplation ne l’empêcha pas de mener une intense activité apostolique", a expliqué le Souverain Pontife.

"Il fut également exemplaire dans sa manière de lutter pour maîtriser son tempérament impétueux, et par l’humilité avec laquelle il a su reconnaître ses propres limites et ses défauts."

"La richesse et la qualité de sa théologie ne résident pas tant dans le fait d’avoir parcouru des voies nouvelles, a poursuivi le pape, que dans celui d’avoir réussi à proposer les vérités de la foi avec un style si clair et si pénétrant, qu’il fascinait l’auditeur et disposait l’âme au recueillement et à la prière. Dans chacun de ses écrits on perçoit l’écho d’une riche expérience intérieure, qu’il réussissait à transmettre aux autres avec une étonnante capacité de persuasion."

Dans le Liber de diligendo Deo, saint Bernard précise, a-t-il ajouté, que "l’amour est pour lui la plus grande force de la vie spirituelle. Dieu, qui est Amour, crée l’homme par amour, et par amour il le rachète ; le salut de tous les êtres humains, mortellement blessés par la faute originelle et accablés par les péchés personnels, consiste à adhérer fermement à la charité divine, que le Christ crucifié et ressuscité nous a pleinement révélée. Dans son amour, Dieu guérit notre volonté et guérit notre intelligence malade en les élevant au plus haut degré d’union avec Lui, c’est-à-dire à la sainteté, et également à l’union mystique."

Du De consideratione, adressé au pape Eugène III, Benoît XVI a souligné que "le thème dominant est l’importance du recueillement intérieur – et il le dit à un pape – un élément essentiel de la piété. Il est nécessaire, observe le saint, de se préserver des dangers d’une activité excessive, quels que soient sa situation ou le poste que l’on occupe car – dit-il au pape de l’époque et à tous les papes, et à nous tous – les nombreuses occupations conduisent souvent à la « dureté de cœur », elles ne font que « tourmenter l’esprit, épuiser le cœur et… faire perdre la grâce » (II, 3). Cette mise en garde vaut pour tout type d’occupations, y compris celles qui sont inhérentes au gouvernement de l’Eglise. La parole que Bernard adresse à ce propos au pontife, son ancien disciple à Clairvaux, est provocatrice : « Voilà, écrit-il, où toutes ces maudites occupations qui vous absorbent ne peuvent manquer de vous conduire, si vous continuez… à vous y livrer tout entier, sans rien réserver de vous-même » (ibid.)."

"Combien ce rappel de la primauté de la prière est utile pour nous également ! Que saint Bernard, qui a su concilier l’aspiration du moine à la solitude et au silence du cloître avec l’urgence de missions importantes et complexes au service de l’Eglise, nous aide à concrétiser cette primauté dans notre vie", a exhorté le Saint Père.

"Confions ce désir difficile de trouver l’équilibre entre l’intériorité et le travail nécessaire, à l’intercession de la Vierge Marie, qu’il aima depuis son enfance avec une dévotion tendre et filiale, au point de mériter le titre de « Docteur marial. »"