A Singapour, l’Eglise souffle ses deux cents bougies

C’est par une messe solennelle célébrée par le Monseigneur William Goh – retransmise par internet, coronavirus oblige – que l’Eglise de Singapour a donné le coup d’envoi, le 13 décembre 2020, des célébrations du jubilé commémorant le bicentenaire de son implantation dans l’archipel malais.

A l’issue de la messe pontificale, le site officiel de l’année jubilaire a été officiellement inauguré, afin de permettre aux catholiques singapouriens d’« approfondir, discerner, témoigner et célébrer leur foi » : quatre thèmes autour desquels s’articulera le calendrier des événements devant rythmer les douze prochains mois.

Une année où ces catholiques du bout du monde prieront « pour remercier leurs ancêtres qui ont accueilli et transmis la foi à Singapour et réfléchiront sur les défis d’aujourd’hui ».

Le sommet de l’année jubilaire est prévu pour la semaine du 4 au 11 décembre 2021, dans plusieurs sites catholiques importants de Singapour dont la cathédrale du Bon Pasteur, l’église des Saints-Pierre-et-Paul, et l’église Saint-Joseph. Le 11 décembre, des messes de clôture seront célébrées simultanément dans les trente-deux paroisses que compte l’archidiocèse.

Les fondements de l’Eglise catholique à Singapour ont été posés le 11 décembre 1821, avec l’arrivée sur l’île de Mgr Laurent Marie Joseph Imbert (1796-1839), religieux français des Missions étrangères de Paris (MEP), qui devait subir quelques années plus tard le martyre sur la terre coréenne, en 1839.

En fait, une première évangélisation de Singapour avait déjà eu lieu au XVIe siècle, lorsque des missionnaires portugais – suivis par l’illustre saint François Xavier – sont parvenus à pénétrer l’archipel malais. Un diocèse fut même fondé à Malacca.

Mais tous ces efforts apostoliques furent presque réduits à néant avec l’arrivée des Hollandais. De confession calviniste, ceux-ci ne mirent pas longtemps avant de déclarer le catholicisme hors-la-loi, contraignant l’évêque de Malacca à fuir.

L’Eglise catholique revient à Singapour en 1819, après le rachat de l’île par la British East India Company, qui permet l’implantation Missions étrangères de Paris : c’est là qu’intervient la belle figure de Laurent Marie Joseph Imbert.

Envoyé de France pour s’occuper des missions à Penang – en Malaisie voisine – et en Chine, le futur évêque effectue à Singapour une visite canonique pour le compte du vicaire apostolique du Siam : à l’époque, la communauté catholique locale ne compte pas plus de deux cents fidèles.

Le père Imbert préconise l’érection d’une mission permanente : celle-ci sera confiée aux soins des MEP. Singapour fut érigé en 1841 en vicariat apostolique par le pape Grégoire XVI, et devint un archidiocèse séparé de Malacca, en 1972.

Au cours de deux derniers siècles, la population catholique a connu une croissance notable : avec 157 988 baptisés, soit 2,8% de la population, Singapour est l’un des rameaux les plus prometteurs de l’Eglise en Asie du Sud-Est.

Nonobstant une société de plus en plus séduite par des modes de vie matérialistes, les données les plus récentes de l’Office statistique de Singapour montrent que le christianisme – en particulier le catholicisme – est la seule religion à connaître un véritable développement au sein de la cité-Etat.