Suite à l'accord de Campos : Mgr Rifan à Versailles

Mgr Rifan : « (…) 10 années avec ce problème là (le sacre d’un évêque sans mandat pontifical, NDLR). Mais, pendant ces 10 années de séparation bien grave, nous avons fait une réflexion sur le problème, car une fois que les choses sont passées, on peut mieux y réfléchir, et nous avons trouvé beaucoup de choses qui n’allaient pas très bien. Par exemple, un esprit de critique généralisé parmi les fidèles traditionalistes vis-à-vis du magistère, tout le monde critiquait tout et tous. On craignait que cela devait devenir un schisme réel, car c’est une séparation. Ce n’est pas normal qu’un catholique soit séparé de la hiérarchie. On sentait que tous les prêtres voulaient que ce problème soit solutionné ; le sens de l’Eglise que nous avons reçu de Mgr de Castro Mayer nous disait que ce n’était pas normal, qu’il ne faut pas être séparé comme cela, même si on est dans l’état de nécessité. On se sentait mal dans cet état de séparation ; on doit se sentir mal dans cet état. »

Déclaration des prêtres de Campos à l’occasion du sacre épiscopal de Mgr Rangel
« Qu’il soit donc bien clair que le sacre d’un évêque pour les fidèles de Tradition au Brésil ne signifie pas de notre part un acte de rébellion, ni de désobéissance, ni de contestation, ni de schisme, ni de rupture avec l’Eglise catholique, apostolique, romaine ou avec le Saint-Siège, mais constitue un acte de fidélité et d’obéissance à la loi suprême de l’Eglise et du pape, “le salut des âmes” qui, en raison du très grave et anormal état de nécessité de l’Eglise, nous contraignent, pour la survie de la Tradition et du sacerdoce catholique, à ne pas observer, le cœur rempli de douleur, certaines lois disciplinaires inférieures. »


Mgr Rifan : « Nous avons une circonscription ecclésiastique normale, officielle, avec la messe traditionnelle comme rite propre. Nous avons demandé à la sacrée congrégation du culte divin : est-ce qu’un prêtre étranger à notre Administration de passage chez nous peut dire la messe traditionnelle chez nous ? Réponse : depuis que la messe traditionnelle est devenue le rite propre de l’Administration apostolique, n’importe quel prêtre peut dire chez vous la messe traditionnelle. Il s’agit donc d’une Eglise rituelle, avec un rite propre. (…)
Il y a 22 rites catholiques, approuvés par Rome. Il faut pouvoir être considérés comme catholiques normaux, attachés à la messe de toujours, sans avoir aucun problème de conscience. »

La messe étant réduite à un rite propre à l’Administration, ils ne pourront plus la défendre comme le rite auquel tout prêtre catholique a droit.

Abbé Arnaud Devillers (Interview à La Nef) : « Ce document (Réponse du cardinal Medina) répondait à des questions précises au sujet des prêtres ayant reçu le privilège d’utiliser les anciens livres liturgiques du rit romain en usage en 1962. Un privilège n’enlève pas le droit général. Les prêtres ayant reçu ce privilège ne perdent pas pour autant l’usage du droit général. Le missel romain du pape Paul VI est aujourd’hui le rite normatif de l’Eglise latine. Un prêtre ayant reçu l’Indult peut-il être interdit de célébrer le rite normatif par un évêque ou son supérieur ? La réponse est négative.


Mgr Rifan : « Mgr de Castro Mayer nous a donné l’exemple de respect de l’autorité ; il l’a toujours gardé, il n’a jamais parlé de cela (critique du pape, NDLR) en public ; même sa lettre au pape, il n’a jamais publié cette lettre sur la nouvelle messe. Ce sont nous qui l’avons fait après, mais pas lui. Et nous l’avons fait en raison des circonstances extraordinaires (…) »

Lettre ouverte au Pape de Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer du 21 novembre 1983 :

En notre qualité d’Evêques de la Sainte Eglise catholique, successeurs des Apôtres, nos cœurs sont bouleversés à la vue de tant d’âmes dans le monde entier, désorientées et désireuses pourtant de demeurer dans la foi et la morale qui ont été définies par le Magistère de l’Eglise et qui par Elle ont été enseignées d’une manière constante et universelle.
Nous taire dans cette occurrence nous semblerait devenir complices de ces mauvaises œuvres (2 Jn 11).

C’est pourquoi, considérant que toutes les démarches que nous avons faites en privé depuis quinze ans sont demeurées vaines, nous nous voyons obligés d’intervenir publiquement auprès de Votre Sainteté, afin de dénoncer les causes principales de cette situation dramatique et de La supplier d’user de son pouvoir de Successeur de Pierre pour « confirmer ses frères dans la foi » (Luc XXII, 32) qui nous a été fidèlement transmise par la Tradition apostolique.

C’est dans les sentiments de saint Paul vis-à-vis de saint Pierre lorsqu’il lui reprochait de ne pas suivre « la vérité de l’Evangile » (Gal 2, 11-14) que nous nous adressons à Vous. Son but n’était autre que de protéger la foi des fidèles.

Saint Robert Bellarmin, exprimant à cette occasion un principe de morale générale, affirme que l’on doit résister au Pontife dont l’action serait nuisible au salut des âmes (De Rom. Pon. 1. 2, c. 29).

C’est donc dans le but de venir en aide à Votre Sainteté que nous jetons ce cri d’alarme, rendu plus véhément encore par les erreurs du Nouveau Droit Canon, pour ne pas dire les hérésies, et par les cérémonies et discours à l’occasion du cinquième centenaire de la naissance de Luther. Vraiment la mesure est comble.

 


Mgr Rifan : « (…) Aussi longtemps que Mgr de Castro Mayer était évêque de Campos jusqu’en 1981, il était en parfaite communion, même avec Jean-Paul II, et j’étais avec lui aux visites ad limina, j’étais son secrétaire. Après qu’il se soit retiré du diocèse, il n’a jamais porté ni la mitre ni la crosse pour respecter l’autorité d’évêque nommé par le pape, donc il respectait le pape aussi et ne voulait faire aucune cérémonie publique afin de respecter l’autorité de l’évêque du lieu. (…)»

Photo de Mgr de Castro Mayer

Mgr de Castro Mayer, lors des sacres épiscopaux à Écône