Trois siècles d’un rayonnement éducatif ininterrompu
Né à Reims le 30 avril 1671 et mort à Rouen le 7 avril 1719, saint Jean-Baptiste de la Salle est considéré comme le fondateur de l’instruction moderne, ouvrant des écoles gratuites pour garçons et filles et créant à Reims, en 1660, les Frères des écoles chrétiennes (ou Lasalliens), une congrégation laïque masculine de droit pontifical.
Alors qu’il était chanoine de Reims, Jean-Baptiste se mit à aider un petit groupe de maîtres d’écoles gratuites désireux de mener à bien leur mission d’éducateurs chrétiens.
Renonçant à une situation privilégiée, la Salle s’unit à eux. C’est ainsi que naquit l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, entièrement voué à l’instruction des « enfants des artisans et des pauvres ». Les membres font vœu de religion privé, mais l'Institut ne comporte pas de prêtres, c'est pourquoi il est désigné comme « laïc ». Ces religieux, avec leur soutane noire, leur rabat blanc et « les quatre bras » - manteau à manches flottantes - seront connus dans le monde entier.
Saint Jean-Baptiste de la Salle fut un novateur en pédagogie, ayant, le premier, saisi l’importance du caractère intégral de l’instruction, qui se doit d’être à la fois chrétienne, intellectuelle, pratique et morale. Il insista sur l’importance de l’acquisition des savoirs de base : la lecture, l’écriture, le calcul, l’usage de la répétition, le contrôle régulier, la participation active et la responsabilisation de l’élève.
Afin de donner son ossature à sa réforme éducative, notre saint développa l’enseignement simultané, l’apprentissage de la lecture dans la langue maternelle, l’utilisation des imprimés, la formation continue des maîtres.
N’ayant rien à envier aux chantres contemporains de l’autonomie, saint Jean-Baptiste de la Salle avait déjà inventé, trois siècles auparavant mais dans un tout autre esprit, la responsabilisation de chaque élève, créant des charges adaptées à chacun au sein des classes.
Citons par exemple le clavier (porte-clef au XVIIe siècle), qui ouvre et ferme les portes de l’école ; l’aumônier, qui ramasse le pain et les fruits en trop pour en faire l'aumône aux miséreux ; le sonneur, qui marque le début et la fin des classes ; les premiers de banc, qui relèvent quels sont les absents et ont un rôle d'aîné pour leur « banc » ; les visiteurs des absents, qui vont aider les écoliers malades.
A l’heure où l’Education nationale peine à se réformer, le visage de saint Jean-Baptiste de la Salle fait plus que jamais rayonner la mission de l’Eglise et d’un clergé qui - malgré l’opprobre dont l’ingratitude mondaine l’accable - prend soin des tout petits et des plus faibles.
(Sources : La Croix/La Salle France – FSSPX.Actualités - 11/04/2019)