Troisième mystère glorieux : la Pentecôte

Source: FSSPX Actualités

Le joyau de Serpotta (XIII/XIII)

L’Oratoire du Rosaire de Saint-Dominique est à plan rectangulaire. Cela a permis de développer, sur les longs murs latéraux, les mystères joyeux et douloureux. Mais, sur le mur du fond de l’Oratoire, l’espace libre n’a permis à Serpotta de sculpter que les figures des premier et troisième mystères glorieux.

Après avoir parcouru la série d’allégories proposées par le sculpteur, il semble qu’il veuille à présent nous montrer davantage le « point de vue » de Notre Seigneur. Il nous présente la vertu que Jésus a exercée de manière particulière à ce moment de l’histoire de notre salut. Ce n’est pas vraiment celle que la scène biblique évoque directement. Serpotta est coutumier du fait : il suffit de se rappeler le choix de la charité pour l’Annonciation, de l’obéissance pour l’Agonie au jardin des oliviers ou de la justice pour le Crucifiement. Pour le troisième mystère glorieux, l’artiste veut que nous considérions la libéralité.

« Jésus, debout, dit à haute voix : “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, de son sein, comme dit l’Ecriture, couleront des fleuves d’eau vive”. Il disait cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7, 37-39). Isaïe annonçait déjà les largesses divines : « Jusqu’à ce que soit répandu sur nous un esprit d’en haut, et que le désert devienne un verger, et que le verger soit réputé une forêt » (32, 15). Et saint Pierre pouvait dire : « Elevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez » (Act. 2, 33). L’allégorie présente un sourire gracieux et plein de complaisance, et distribue avec largesse les richesses de Dieu, que ce soient des talents naturels ou des dons surnaturels, représentés par les pièces de monnaie.

Saint Thomas nous enseigne que « nous donnons gratuitement quelque chose à quelqu’un, parce que nous lui voulons du bien. Et la première chose que nous lui donnons, c’est l’amour par lequel nous lui voulons du bien. L’amour est donc essentiellement le don premier, par lequel sont faits tous les dons gratuits. (…) C’est pourquoi, par le don qui est l’Esprit-Saint, des dons multiples sont le partage des membres du Christ ».[1]

Abbé Pablo Billoni


[1] Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, q. 38, a. 2.