Un commentaire vivant de Fatima - Jacinthe : « Sauver les âmes »
En préparation du pèlerinage de la Fraternité Saint-Pie X à Fatima, FSSPX Actualités vous propose un extrait du livre Fatima, Lumière du ciel pour les derniers temps écrit par l'abbé Karl Stehlin. La vie des témoins des apparitions demeure un exemple pour chacun de nous.
Jacinthe était très différente de François, de caractère comme de tempérament. François, âme contemplative, était avant tout frappé par la tristesse de Dieu et de Notre-Dame, et voulait les consoler par la prière et par le sacrifice. Jacinthe avait un cœur tendre et affectueux, saisi de terreur à la vue de tant d’âmes précipitées dans le feu de l’enfer : « La vision de l’enfer l’emplissait d’une horreur telle que toutes les mortifications et toutes les pénitences n’étaient rien à ses yeux si elles permettaient aux âmes de ne pas y tomber.
- François, tu pries avec moi ? Nous devons beaucoup prier pour sauver les âmes de l’enfer. Il y en a tellement qui y vont, tellement ! »
La pensée dominante qui hantait et animait toute son activité surnaturelle était le salut des âmes. Elle avait une soif ardente pour leur conversion. Déployant le zèle authentique d’un missionnaire, elle cherchait des sacrifices à offrir pour « mes pécheurs » comme elle disait. Elle renonça à son passe-temps favori, la danse, pour la conversion des pécheurs. Elle faisait toujours ses sacrifices avec cette pensée : souffrir pour les pécheurs, offrir des actes de réparation à leur place, se substituer à eux, leur obtenir le pardon et les grâces de conversion.
« Jacinthe, à quoi penses-tu ?
- A la guerre qui vient et aux gens qui vont mourir et aller en enfer ! Comme c’est horrible ! S’ils arrêtaient simplement d’offenser Dieu, alors il n’y aurait pas de guerre, et ils n’iraient pas en enfer ». « Comme j’aime souffrir pour l’amour de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, pour leur faire plaisir ! Ils aiment beaucoup ceux qui souffrent pour la conversion des pécheurs ».
Sa plus grande souffrance était la solitude, et la révélation de Notre-Dame qu’elle mourrait seule et loin de sa famille. Mais elle offrit ce suprême sacrifice pour la conversion des pécheurs. Penser à cette terrible nuit de solitude la privait de toute consolation Durant ces moments, elle disait souvent : « O, Jésus ! Maintenant vous pouvez convertir bien des pécheurs, parce que cela est vraiment un grand sacrifice ».
« - Que feras-tu au Paradis ?
- J’aimerai beaucoup Jésus et le Cœur Immaculé de Marie. Je prierai beaucoup, pour les pécheurs, pour le Saint-Père, pour mes parents et mes frères et sœurs, et pour tous les gens qui m’ont demandé de prier pour eux... »
Quand sa mère semblait triste de voir son enfant si malade, Jacinthe lui disait : « Ne t’en fais pas, maman. Je vais au Paradis et là-bas je prierai beaucoup pour toi ! »
Jacinthe ne priait pas seulement pour les pécheurs, mais elle offrait aussi prières et sacrifices pour le Saint-Père. Certainement, le grand secret dut impressionner Jacinthe : non seulement la vision de l’enfer, mais aussi la deuxième et la troisième partie du secret, en particulier ce qui concerne le pape.
« ... Jacinthe me dit :
- Tu n’as pas vu le Saint-Père ?
- Non.
- Je ne sais pas ce que c’était, mais j’ai vu le Saint-Père dans une très grande maison, agenouillé près d’une table, la tête enfouie dans les mains, et il pleurait. A l’extérieur de la maison, il y avait beaucoup de monde. Certains jetaient des pierres, d’autres le maudissaient et utilisaient de vilains mots. Pauvre Saint-Père, nous devons beaucoup prier pour lui ».
« Une autre fois, Jacinthe me dit :
- Tu ne vois pas toutes ces grandes routes et tous ces chemins remplis de gens qui pleurent tellement ils ont faim ? Et le Saint-Père dans une église priant devant le Cœur Immaculé de Marie ? Et tant de gens priant avec lui ? »
Chaque fois qu’elle offrait des sacrifices à Jésus, elle ajoutait : « ... et pour le Saint-Père ».
Jacinthe mourut seule dans un hôpital de Lisbonne le 20 février 1920. Bien des gens la virent couchée dans son cercueil avant l’enterrement et dirent d’elle : « Elle avait l’air vivante, avec ses lèvres et ses joues d’une jolie couleur rose... La petite était morte depuis trois jours et demi et l’odeur qu’elle dégageait était comme celle d’un bouquet de fleurs ».
Extrait de Fatima, Lumière du ciel pour les derniers temps, par l'abbé Karl Stehlin FSSPX