Un Curé d’Ars napolitain

Abbé Vincenzo Romano.

Le 14 octobre 2018, le pape François a « canonisé » l’abbé Vincenzo Romano, prêtre napolitain mort en odeur de sainteté en 1831. Indépendamment des questions posées par les canonisations actuelles, dont les lecteurs peuvent trouver une synthèse ici, la figure sacerdotale toute pétrie de sainteté de Don Vicenzo mérite d’être évoquée, au moment où plusieurs campagnes de dénigrement sont orchestrées afin de ternir l’image du prêtre. 

Vincenzo Romano naquit le 3 juin 1751 dans la ville de Torre del Greco, à quelques kilomètres au sud de Naples. Issu d’une famille très pieuse, il fut ordonné prêtre pour l’éternité le 10 juin 1775, à l’âge de 24 ans. 

Son zèle sacerdotal fut si ardent que le peuple le surnommait l’”ouvrier infatigable”. Il paraissait avoir fait vœu de ne pas perdre son temps afin de pouvoir mieux se consacrer au soin des âmes : instruction des enfants, soutien des séminaristes, évangélisation de la population rurale, aumônerie des confréries et des couvents, assistance spirituelle aux malades et aux mourants, missions et prédications dans la rue.  

A partir de 1799, la charge de curé de Torre del Greco lui fut confiée. Il n’accepta ce ministère si exigeant et difficile que par obéissance et pour accomplir la sainte Volonté de Dieu. Dès lors, l'apostolat de l’abbé Romano s'organisa autour de trois axes principaux : la sainte Messe, l’enseignement des vérités de foi, et la pratique de la charité.  

1) La sainte Messe : Don Vincenzo était extrêmement précis lors de la célébration du Saint Sacrifice, révélant une exactitude angélique dans ses gestes et ses expressions de recueillement et de dévotion. 

De plus, il s’efforçait de donner à ses paroissiens une meilleure connaissance de la liturgie. Aussi publia-t-il en 1820 un livret qui connut une large diffusion. Il avait compris la nécessité pour les fidèles de bien prier, de prier avec le prêtre en participant aux mystères qui s’accomplissaient sur l’autel. Cela plus d’un siècle avant Mediator Dei, l’encyclique du pape Pie XII sur la liturgie. 

2) L’enseignement des vérités de foi : l’œuvre de Vincenzo Romano fut nourrie de la plus exacte théologie puisée aux sources de la Révélation. Sa prédication était pétrie d’Ecriture sainte, son catéchisme simple et profond, ses explications de l’Evangile lumineuses. Grâce à son zèle et à l’exemplarité de sa vie, il convertit des pécheurs par milliers.  

3) La pratique de la charité : Vincenzo Romano fut un véritable apôtre. Il s’illustra en tant qu’éducateur d’enfants et d’adolescents, mais aussi en tant que pacificateur dans les questions économiques et sociales, notamment lors de conflits entre les armateurs des navires de pêche du corail et les pêcheurs. Il aida aussi au rachat de ses concitoyens retenus captifs en Afrique du Nord, prisonniers des pirates barbaresques. Il n’abandonna jamais son troupeau, quels que soient les désordres politiques et les calamités naturelles auxquels il dut faire face. Il se dévoua en particulier au moment des éruptions du Vésuve, - Torre del Greco est en effet situé sur le littoral, au pied du volcan. 

Le 1er janvier 1825, à la suite d’une chute, Don Vincenzo se cassa le fémur. Pendant cinq ans, il resta cloué au lit, jusqu’au 20 décembre 1831, jour où il rendit l’âme en murmurant les saints Noms de Jésus et Marie. 

Le 13 juin 1843, le pape Grégoire XVI signait le décret introduisant la cause de béatification de Don Vincenzo. Le 25 mars 1895, Léon XIII reconnaissait les vertus héroïques et les miracles du Serviteur de Dieu, qui fut enfin proclamé bienheureux le 17 novembre 1963 par le pape Paul VI, après que les deux miracles attribués à son intercession eurent été officiellement reconnus.