Un évêque congolais dénonce « l’islamisation » de son pays

Source: FSSPX Actualités

Mgr Melchisedech Sikuli Paluku

La République démocratique du Congo connaît une augmentation sans précédent des attaques visant les chrétiens dans le pays. Les évêques y voient le dernier signe de l’islamisation croissante et préoccupante de leur pays.

Les évêques de République Démocratique du Congo déplorent plus que jamais le manque de sécurité dans l’est du pays, ravagé par des milices rebelles. « La situation de l’insécurité à l’Est est un véritable drame qui affecte tout le pays. En effet, on ne peut pas espérer le développement de ce pays tant que l’Est restera sous contrôle des prédateurs », indique le communiqué publié le 8 avril.

Mgr Melchisedec Sikuli Paluku, évêque de Butembo-Beni (Nord Kivu) s’est adressé à l’organisation Aide à l’Eglise en détresse, le 3 mai 2021, pour prolonger cet appel.

En ce jour où l’Eglise catholique fête l’Invention de la Sainte Croix, l’évêque de Butembo-Beni (République démocratique du Congo) décrit le calvaire que vivent ses fidèles dans leur propre pays.

Enlèvements de chrétiens, constructions de mosquées qui sortent de terre telles des champignons : le prélat congolais ne manie pas la langue de buis, et dénonce une véritable « islamisation de la société ».

Pour Mgr Paluku, il existe un plan caché, « un grand projet d’islamiser ou d’expulser les populations chrétiennes locales ».

La principale organisation impliquée dans les attaques de chrétiens dans la région s’affuble du nom de « Forces démocratiques alliées », un leurre pour faire oublier qu’il s’agit là d’une organisation djihadiste à part entière.

« Tous ceux qui ont été enlevés par ces groupes terroristes et qui ont pu s’extraire de leurs griffes rapportent la même chose : les victimes ont le choix entre la mort et la conversion à l’islam », témoigne l’évêque de Butembo-Beni.

N’allons pas croire que l’islamisation de la RDC se soit opérée en un clin d’œil, comme par enchantement : « l’ancien homme fort de la Libye, le colonel Mouammar Khadafi, a financé de nombreuses mosquées dans notre pays ; depuis, d’autres organisations ont pris le relais », assure le prélat.

Afin d’élargir leurs sources de financement, les groupes djihadistes se lancent dans l’exploitation minière, pillant les minerais rares, tel le coltan, indispensable à la plupart des semi-conducteurs que l’on trouve dans nombre de nos appareils électroniques.

« Comment pouvez-vous expliquer qu’on trouve des raffineries de coltan au Rwanda voisin, alors que ce pays ne dispose d’aucune de ces ressources ?  », interroge Mgr Paluku, qui dénonce la « faiblesse » et la « complicité » du président congolais, Félix Tshisekedi.

Et qu’on ne parle pas au prélat de la présence des militaires de l’ONU censés pacifier le pays : « un mandat complètement inefficace », dénonce-t-il, chiffres à l’appui. « Il y a eu plus de 6000 personnes tuées à Beni depuis 2013, et plus de 2000 à Bunia, rien qu’en 2020. Au moins 3 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, et environ 7 500 personnes ont été enlevées », déplore-t-il.

Et pourtant, « le Congo ne serait pas le Congo sans l’Eglise », conclut Mgr Paluku, qui s’étonne du silence assourdissant dans lequel se déroule l’islamisation de son pays. Un danger dont l’occident aurait tort de croire qu’il soit circonscrit au seul continent africain…