Un évêque mexicain déclenche une tourmente médiatique

Source: FSSPX Actualités

Les propos du vice-président de la Conférence des évêques du Mexique, traitant de la gravité de l’avortement comparée à celle des abus sur mineurs et personnes vulnérables, sont à l’origine d’un vif débat au pays des Cristeros. 

« Moralement, l’avortement est plus grave, car il consiste à tuer un innocent, tandis que la notion d’abus peut recouvrir des réalités très diverses. C’est là que se situe la différence de gravité morale » : c’est ainsi que s’est exprimé Mgr Carlos Garfias, lors d’une conférence de presse, le 12 mai 2019. 

L’archevêque de Morelia (Mexique) répondait à une question portant sur une déclaration du cardinal Giovanni Baptista Re, datant du 9 mars 2009, à propos d’une histoire sordide s’étant déroulée au Brésil. Une première manipulation réside dans la question posée qui ne rapporte pas les paroles du cardinal Re, mais les relations des journaux de l’époque, tel L’Obs titrant : « Le viol est moins grave que l’avortement », paroles qui ne se trouvent nulle part dans la déclaration du prélat, qui se contentait de condamner l’avortement. 

A cette question, l’évêque a donné la réponse rapportée ci-dessus et a ajouté : « La peine qui sanctionne l’avortement ne peut être absoute par un prêtre que s’il reçoit une délégation spéciale en raison de la gravité du crime. Alors que les abus peuvent revêtir de nombreuses formes, qui n’ont pas la même gravité », ce qui souligne leur différence. 

Même cause, mêmes effets : les accusations contre l’Eglise portées il y a 10 ans ont immédiatement refait surface, amplifiées par la situation actuelle, encore plus explosive qu’à l’époque. Malgré le fait que Mgr Garfias ait pris soin d’écarter tout laxisme en matière d'abus sur des mineurs ou des personnes vulnérables. 

L’on peut aisément tirer les leçons de cet épisode. D’une part, l’extrême prudence à garder sur certains sujets aujourd’hui. Il est certes très dommageable pour les âmes que l’on ne puisse prêcher la vérité avec la liberté apostolique qu’elle requiert, mais le bien commun oblige parfois à se taire pour un temps, comme le dit la Sainte Ecriture : « Il y a un temps pour se taire, et un temps pour parler » (Eccli. 3, 7). 

D’autre part, la défiance systématique que l’on doit avoir pour les media qui se nourrissent de scoops, de scandales, et qui abhorrent la vérité révélée. D’où l’importance de développer des canaux propres pour prêcher « à temps et à contretemps » (2 Tm 4, 2).