Un prélat sud-africain dénonce la « colonisation idéologique »

L’Afrique face à la nouvelle « colonisation idéologique » et à l’avortement : cette problématique est au cœur de l’entretien accordé par le cardinal Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban (Afrique du Sud), à la Nuova bussola quotidiana, au moment où le pape s’envolait pour le Mozambique, le 4 septembre 2019. 

Avec force, le prélat sud-africain dénonce la corruption morale venue d’Occident qui tend à vouloir « coloniser » le continent africain. Il explique : « la culture de la plupart des pays africains est le résultat de l'influence de l’Eglise ; les Africains ayant largement fait leur la morale qui leur avait été enseignée par les premiers missionnaires chrétiens. Une nouvelle colonisation idéologique en cours tente désormais d'éliminer cette influence sur la culture africaine en intervenant dans l'esprit et le cœur des gens ». 

Un exemple de cet embrigadement est fourni par « cette culture de la promotion de l’homosexualité, partie intégrante des années 60 et 70, [qui] a joué un rôle déterminant dans l'effondrement de la morale » – et « je serais surpris si les abus n’étaient pas liés à l’homosexualité ». Le cardinal Napier ne manie visiblement pas la langue de buis. 

La violence d’une société qui promeut l’avortement 

Pour l’archevêque de Durban, un autre exemple de cette « colonisation idéologique » - expression employée par le pape François lors d’une homélie improvisée à Sainte-Marthe le 21 novembre 2017 - apparaît à travers « la promotion de la contraception qui est présentée comme un moyen de libérer les femmes du fardeau d’avoir trop d’enfants ». 

« C'est une forme de colonisation de dire aux femmes qu'elles ne doivent avoir que peu d'enfants sinon elles ne seront pas libres. (…) Il y a une tentative d'endoctriner les gens contre la vie, de les convaincre que la grossesse est une invasion du corps de la femme », explique le prélat. 

Le cardinal met en évidence le lien existant entre l’avortement et la hausse exponentielle de la criminalité dans son pays, où « le nombre de personnes tuées chaque année est égal à celui d'un pays en guerre ». Et de s’interroger : « Je serais très surpris si la légalisation de l'avortement n’avait eu aucun effet sur l'augmentation de la violence dans la société. Si une femme et son mari pensent qu’il n’est pas prioritaire de protéger la vie d'un enfant à naître, qu'est-ce qui peut les empêcher de recourir à la violence contre ceux qui sont déjà nés ? » 

Il conclut qu’il existe un « lien logique entre un message favorable à l'avortement et le mépris de la vie des autres, car il est dangereux de dire que la femme a le droit de tuer un enfant dans son ventre. » 

« Le vieux monde appelé à disparaître est celui de l’avortement », affirmait paisiblement, il y bientôt 35 ans, Mgr Marcel Lefebvre, dans sa Lettre ouverte aux catholiques perplexes. Refusant de sombrer dans le pessimisme ambiant, le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X indiquait dans le même temps la seule voie possible de salut des sociétés : « en gardant ce que l’Eglise a toujours enseigné, vous vous accrochez à l’avenir ! »