Un raisonnement logique fatal à son auteur

Josef Seifert.

Le Professeur Josef Seifert vient d’être interdit d’enseignement en Espagne par l’archevêque de Grenade. 

Son crime ? Avoir tiré les conséquences logiques du paragraphe 303 d’Amoris lætitia où il est dit que, tout en reconnaissant qu’on n’est pas dans la ligne des commandements de Dieu, on peut néanmoins penser que cette situation irrégulière est « pour le moment, la réponse généreuse qu’on peut donner à Dieu », et que cette réponse est « le don de soi que Dieu lui-même demande, au milieu de la complexité concrète des limitations, même si elle n’atteint pas encore pleinement l’idéal objectif » (Amoris lætitia, 303). En clair, les divorcés « remariés » qui se reconnaîtront dans cette situation irrégulière et complexe – plus complexe qu’irrégulière, en définitive – pourront communier.

A partir de ce postulat erroné d’Amoris lætitia, Josef Seifert déduit que non seulement les divorcés « remariés », mais également les meurtriers et les voleurs pourront, eux aussi, faire valoir que leur état certes « ne répond pas objectivement aux exigences générales de l’Evangile, mais que c’est, « pour le moment, la réponse généreuse qu’(ils peuvent) donner à Dieu... au milieu de la complexité concrète des limitations... », – limitations qui, comme chacun sait, sont terriblement bornées.

Dès lors, la situation objectivement peccamineuse s’estompe « au milieu de la complexité concrète des limitations » allègrement enjambées. « La conséquence purement logique de cette seule assertion d’Amoris lætitia semble détruire l’ensemble de l’enseignement moral de l’Eglise », affirme le Pr Seifert. Il a logiquement raison, mais tort « pastoralement ». Il devait donc être destitué « miséricordieusement ».

 Abbé Alain Lorans