Vers une réforme du missel traditionnel ?
Selon le quotidien italien Il Giornale du 18 janvier, cette prière qui demande à Dieu de « soulever le voile qui couvrent leurs cœurs » ( aux juifs), et qui parle de « peuple aveugle » devrait être modifiée et ces termes être supprimés. Déjà en 1959, Jean XXIII avait fait retirer et le mot « perfidie » (perfidiam judaicam) et l’adjectif « perfide » (pro perfidis Judaeis) qui en latin signifient « infidélité » et « infidèle ».
Lors de la publication du Motu Proprio libéralisant l’usage des livres liturgiques d’avant Vatican II, plusieurs voix s’étaient élevées dans le monde juif manifestant une inquiétude de voir réintroduit dans le rite romain cette prière, même réformée par Jean XXIII. Les grands rabbins d’Israël avaient alors écrit à Benoît XVI pour lui demander de modifier une nouvelle fois la prière du Vendredi Saint. Et des prélats, engagés dans le dialogue judéo-catholique, avaient entrepris les mêmes démarches auprès du souverain pontife et de son entourage. En juillet dernier, durant les vacances du pape à Pieve di Cadore (Dolomites), le cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, avait affirmé que le texte pouvait être réformé.
Corrigera-t-on alors le Nouveau Testament ? En effet, la prière pour la conversion des juifs est directement inspirée des versets suivants de la 2ème épître de saint Paul aux Corinthiens : « Mais leur pensée s’est obscurcie. Jusqu’à ce jour en effet, lorsqu’on lit l’Ancien Testament, ce même voile demeure. Il n’est point levé ; car c’est le Christ qui le fait disparaître. Oui, jusqu’à ce jour, lors de la lecture de Moïse, un voile est posé sur leur coeur. C’est quand on se convertit au Seigneur que le voile tombe. » (III, 14-16). Et non seulement il faudrait réécrire cette épître de saint Paul, mais il serait aussi nécessaire de débarrasser l’allégorie de la Synagogue du voile noué sur ses yeux dans tous les tableaux et sur toutes les statues avant Vatican II ! (Sources : Apic/I.media)