Viêtnam : l’Eglise sous haute surveillance

Vu Chiên Thang.

Le gouvernement vietnamien a encore renforcé sa mainmise sur les Affaires religieuses. Le 11 septembre 2017, Vu Chiên Thang, un haut responsable des services de la Sécurité publique, a été nommé au poste de directeur du Bureau gouvernemental des Affaires religieuses, l’organisme qui encadre au plus près la pratique religieuse dans le pays.

Vu Chiên Thang a fait toute sa carrière au sein du redoutable ministère de la Sécurité publique qui surveille toutes les activités dans le pays : il a dans ce cadre été successivement vice-directeur pour la province du Nghê An - nord du Vietnam -, directeur pour la province de Quang Tri - centre - responsable pour la région du nord-ouest, et enfin pour l’ensemble du pays.

Le Bureau gouvernemental des Affaires religieuses à la tête duquel monsieur Vu vient d’être nommé a été créé en août 1955 à Hanoi, quelques mois après la mise en place de la République démocratique du Vietnam. Il s’agissait à l’époque d’un organe gouvernemental placé sous la direction du Premier ministre.

Le Bureau a vocation d’« étudier et planifier l’application des lignes politiques du gouvernement en matière de religion et d’organisations religieuses ». L’Eglise locale a longtemps souffert - et souffre encore - des restrictions imposées par le Bureau à son apostolat.

Le seul bureau gouvernemental des Affaires religieuses - sans compter les très nombreux bureaux annexes situés dans les provinces, dans chaque grande ville et dans les districts -, emploie aujourd’hui 127 cadres. L’ensemble du personnel de ce service en poste sur tout le territoire du pays se compte par milliers.

Le dernier projet de loi sur « les croyances et les religions » voté par le parlement vietnamien en novembre 2016 a laissé l’Eglise dans la perplexité. La Conférence des évêques du pays a d'ailleurs regretté, rapporte l'agence Eglises d’Asie, un recul par rapport aux précédents projets de loi en matière d'éducation et de santé, domaines dans lesquels l'Eglise est impliquée.

Lors de sa nomination, Vu Chiên Thang s’est engagé à appliquer « strictement » les missions qui lui sont confiées. Ce qui laisse penser aux évêques catholiques - ainsi que le remarque Claire Lesegretain dans les colonnes du journal La Croix - que les demandes de liberté d’exercice du culte, qu’ils avaient récemment exprimées, ne seront guère prises en compte, une fois de plus.