Violentes réactions à la note du Saint-Siège contre les unions homosexuelles

En Italie, les organisations Arci Gay (Mouvement gay national italien) et l’association athée "No God - Atei per la laicita degli stati" (Pas de Dieu – Athées pour la laïcité des Etats) ont appelé à manifester place Saint-Pierre, en dénonçant "une nouvelle attaque du Vatican contre leur droits". Le Parti radical italien a déclaré : "Ce nouveau document homophobe est une nouvelle attaque contre les libertés individuelles et une violation des droits civils les plus élémentaires". Des plaintes doivent être déposées auprès du Parquet de Rome, de la Commission européenne et du Parlement européen contre l’Etat du Vatican "pour ses continuelles ingérences dans les affaires intérieures de l’Etat italien", ont annoncé les dirigeants du Parti radical.

En Suisse, les associations d’homosexuels ont été saisies d’indignation par le ton discriminatoire employé dans le document, et contraire, selon elles, à la Constitution suisse. Elles ont qualifié ce texte de "méprisant" et d’ "insultant" à leur égard. Il est inacceptable, à leurs yeux, que la reconnaissance légale d’un partenariat homosexuel puisse être considéré comme nuisible au bien commun. - Il est vrai que les évêques suisses n’avaient guère préparé leurs concitoyens à une position doctrinale ferme sur ces questions. Dans un document du 3 octobre 2002, ils avaient rejeté toute discrimination des personnes homosexuelles et avaient demandé pardon si de telles discriminations avaient été commises dans le passé au nom de l’Eglise et de la foi chrétienne. Et, tout en repoussant l’idée d’une bénédiction des unions homosexuelles, la Conférence des évêques de Suisse ne s’était pas déclarée opposée à l’introduction d’un partenariat enregistré (PACS, en France) dans le cadre de la consultation du Conseil fédéral sur la situation juridique des couples homosexuels. Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, avait affirmé à cette occasion que l’Eglise ne rejetait pas les personnes homosexuelles, "car personne ne choisit d’être homosexuel. L’amour entre deux partenaires homosexuels peut être très grand, très généreux. Mais il ne faut pas mettre une telle union au même niveau qu’un mariage chrétien qui se vit, comme l’enseigne la Bible et l’Eglise, dans la complémentarité de la différence, c’est-à-dire dans l’hétérosexualité."

En Irlande, la diffusion de ce document en dehors des messes pourrait être considérée comme une incitation à la haine contre les homosexuels, sanctionnée par une peine d’emprisonnement de six mois. Aisling Reidy, présidente du Conseil irlandais pour les libertés civiles, estime que le passage du texte romain qui affirme que l’adoption d’enfants par des homosexuels fait violence à ces enfants, "favorise un haut degré d’anxiété publique sur la pédophilie" (sic).