Visite du président des Etats-Unis au Vatican

 

Le 9 juin, un communiqué du Bureau de presse du Saint Siège, publié quelques heures après l’audience accordée par Benoît XVI au président américain, fait savoir que « les principaux thèmes de politique internationale ont été passés en revue, en s’arrêtant en particulier, concernant le Proche-Orient, sur la question israélo-palestinienne, sur le Liban, sur la situation préoccupante en Irak et sur les conditions critiques dans lesquelles les communautés chrétiennes se trouvent. Le Saint-Siège a espéré, encore une fois, une solution ‘régionale’ et ‘négociée’ des conflits et des crises qui tourmentent la région ». Dans les discussions, une attention a été portée à l’Afrique et à son développement, avec aussi une référence au Darfour, sans oublier  un échange de vues sur l’Amérique Latine, ajoute le communiqué.

 Par ailleurs, « un examen des questions morales et religieuses actuelles, parmi lesquelles celles relatives aux droits humains et à la liberté religieuse, la défense et la promotion de la vie, le mariage et la famille, l’éducation des nouvelles générations, le développement durable » a été évoqué.

 A l’issu de l’entretien privé, Benoît XVI a salué l’épouse du président, Laura Bush, puis les membres de la suite de George Bush. Ils ont ensuite procédé au traditionnel échange de présents. Le pape a offert au président américain une gravure du XVIIème siècle, représentant la basilique Saint-Pierre. « Elle est très belle, merci », a dit George Bush. Benoît XVI lui a aussi remis les médailles de son pontificat. Le président Bush a, quant à lui, offert au pape un bâton blanc sur lequel étaient gravés, en différentes couleurs, les dix commandements, œuvre d’un artisan texan sans domicile fixe. « Ce sont les dix commandements ? », a demandé le pape. « Yes, Sir » (Oui, Monsieur), a répondu George Bush, qui à plusieurs reprises a appelé le pape ‘Monsieur’. Une attitude largement commentée et critiquée par la presse italienne.

 George Bush a ensuite rencontré le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, ainsi que Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les rapports avec les Etats. Après sa visite au Vatican, il devait rencontrer les membres de la communauté Sant’Egidio à l’ambassade des Etats-Unis, puis le chef du gouvernement italien Romano Prodi. - Parfois qualifiée de "diplomatie parallèle" du Saint-Siège, la communauté Sant’Egidio, fondée à Rome en 1968 à l’initiative d’Andrea Riccardi, est également à l’origine des réunions interreligieuses « dans l’esprit d’Assise ».

 Au cours de la conférence de presse qui a suivi sa visite au chef du gouvernement italien, George Bush a souligné que le pape avait exprimé sa « profonde inquiétude pour les chrétiens en Irak ». « Je lui ai assuré que nous travaillions dur pour faire en sorte que les gens respectent la constitution » irakienne, a souligné le président américain. Il a ajouté que les thèmes de l’aide à l’Afrique, de la lutte contre le sida avaient été abordés. George Bush a aussi assuré avoir été « intimidé » et ému de sa rencontre avec Benoît XVI.

 

 Dans un entretien accordé le 10 juin au quotidien italien Il Messaggero, le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a déclaré : « Le président Bush a une ligne favorable à la défense de la vie en général, et cet aspect représente un point de convergence objectif ». Interrogé  sur la possibilité que Benoît XVI et le président Bush aient parlé de Cuba, le père jésuite a répondu avoir « l’impression qu’ils n’en avaient pas parlé ». « Quand dans le communiqué final, nous citons l’Amérique Latine, nous entendons surtout les problèmes de l’émigration mexicaine et les rapports entre le Mexique et les Etats-Unis », a-t-il précisé.

(sources : VIS/apic/imedia/zenit)