Nicaragua : l’Eglise dans la tourmente de la guerre civile

04 Juillet, 2019
Provenance: fsspx.news

La cathédrale de Léon (Nicaragua) a été attaquée lors de la messe du dimanche de la Trinité, par des partisans du président de la République Daniel Ortega qui reprochent à l’Eglise son attitude dans la crise qui secoue le pays. 

Le Père Victor Morales, porte-parole de la cathédrale, a rapporté à Vatican News un récit circonstancié des événements qui se sont déroulés le 16 juin 2019 : un groupe de civils, partisans de Daniel Ortega, s’est rassemblé aux abords de l’édifice pendant la messe dominicale, puis se sont mis à lancer des pierres contre des fidèles qui sortaient de la messe. 

Plusieurs personnes ont été blessées, dans une atmosphère de chaos et de grande tension qui a gagné l’intérieur même du sanctuaire. L’évêque de Leon, Mgr Bosco Vivas Robelo a dû appeler la police afin de permettre aux paroissiens de sortir de l’église et de rejoindre leurs maisons en toute sécurité. 

Des témoins oculaires ont signalé la présence de nombreuses forces de l’ordre aux alentours, qui auraient assisté à l’attaque sans pour autant intervenir. Les violences ont été confirmées par des médias locaux ainsi que par la Commission interaméricaine pour les Droits de l’Homme (CIDH). 

Le même jour, les principales voies d’accès à la cathédrale de Managua, la capitale, ont été occupées par des agents antiémeutes et les forces spéciales de police, avant la messe célébrée en action de grâces pour la libération de 56 prisonniers politiques qui avaient été relâchés le 11 juin 2019. 

L’opposition accuse Daniel Ortega et son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo, d'avoir institué une dictature népotiste et corrompue, tandis que ceux-ci voient dans leurs opposants les agents d’une déstabilisation ourdie avec la complicité de l'Eglise catholique et de Washington. 

Il faut avouer cependant que l’attitude des hommes d’Eglise au Nicaragua, de certains du moins, ressemble plus à une opposition politique qu’à un ministère ecclésiastique, et certains reproches du gouvernement ne sont pas infondés. Reste qu’attaquer une église en s’en prenant aux fidèles demeure un injuste attentat à la dignité des lieux.