Nicaragua : entre l’Eglise et le pouvoir, la situation se tend

28 Août, 2019
Provenance: fsspx.news

Le crucifix est-il un objet subversif ? Oui, à en croire le gouvernement du Nicaragua, qui vient de saisir pas moins de deux cents croix possédées par des opposants, qui s’apprêtaient à les distribuer autour d’eux. Pour les révolutionnaires sandinistes aujourd’hui au pouvoir, l’Eglise est « l’alliée des putschistes ». 

La nouvelle a été relayée par l’agence de presse EFE et par le site espagnol Infocatolica le 19 août 2019. 

Autre objet saisi par les autorités : le texte d’une prière intitulé « acte d’offrande pour le Nicaragua ». Au même moment, le président Daniel Ortega accordait un entretien à la presse dans lequel il ne craignait pas d’assurer que la liberté religieuse « était observée de la façon la plus absolue dans le pays ». 

Les crucifix ont été confisqués à un homme d’affaires, Ermis Morales et à Olesia Munoz, catholique militante ayant passé près d’un an en prison en 2019, pour avoir participé à des manifestions contre l’ancien rebelle sandiniste parvenu au faîte de l’Etat. 

Durant sa détention, Olesia Munoz a vu sa popularité croître lorsqu’elle s’est mise à chanter des cantiques religieux du fond de sa cellule d’Esperanza, performance qui fut considérée à l’époque comme un acte éminemment subversif de la part des autorités. 

Le Nicaragua traverse depuis plus d’un an une grave crise politique, sur fond de contestation de la réforme de la sécurité sociale. Au fil des semaines, le mécontentement s’est cristallisé autour de la figure très controversée du président Daniel Ortega et de son épouse, accusés d'avoir mis en place une dictature népotiste et corrompue. 

L’Eglise catholique joue depuis le début un rôle délicat de médiation, d’autant plus que certains de ses membres sont encore marqués par la théologie de la libération et n’ont pas toujours des attitudes vraiment catholiques dans ce conflit. 

Dans une lettre envoyée le 30 juillet 2019 à la nonciature, les autorités nicaraguayennes ont annoncé la rupture des pourparlers avec l’opposition, plongeant un peu plus le pays dans l’incertitude.