Nicaragua : le bras de fer continue entre la dictature et l’Eglise

19 Octobre, 2019
Provenance: fsspx.news
Mgr Leopoldo Brenes.

En première ligne dans la guerre civile larvée qui mine le Nicaragua depuis près d’un an et demi, les évêques du pays ont été une nouvelle fois, le 5 octobre 2019, la cible des attaques virulentes du chef de l’Etat, l’ancien terroriste sandiniste Daniel Ortega. 

Le 5 octobre 2019, le président de la République, Daniel Ortega a réitéré ses critiques à l’encontre de l’épiscopat nicaraguayen, accusé de se rendre « complice d’homicides » pour son soutien aux manifestations anti-gouvernementales. Le chef de l’Etat reproche également aux prélats d’être des « séditieux », et de ne pas s’être élevés contre les sanctions imposées au pays par les Etats-Unis. 

Le cardinal-archevêque de Managua, Mgr Leopoldo Brenes, interrogé le lendemain par les journalistes de Confidencial, a répondu en affirmant : « Rassurez-vous, j’ai la conscience tranquille. (…) Tout cela est sans fondement ». Puis d’ajouter : « récemment, le pouvoir nous a accusés d’être des putschistes ; la première chose que j’ai faite alors, c’est de leur rappeler la définition d’un putsch - “le fait de prendre les armes pour renverser un gouvernement” -, et je leur ai dit “désolé vous faites erreur, cela ne nous concerne pas” ». 

Depuis le printemps 2018, le Nicaragua a sombré dans une guerre larvée contre le régime de l’ancien terroriste sandiniste Daniel Ortega et de son épouse, tous deux accusés de corruption. 

En près d’un an et demi, 325 personnes ont été tuées, 800 faites prisonnières et 60 000 se sont exilées. L’Eglise - une institution de poids dans un pays catholique à 90% - tient tête au pouvoir en s’efforçant de jouer un délicat rôle de médiateur entre l’exécutif et les opposants. 

Le 15 septembre 2019, en la fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, qui est aussi le jour anniversaire de l’indépendance du pays et fête nationale du Nicaragua, le cardinal Brenes et les évêques du pays ont exhorté les fidèles à ne pas baisser les bras « en réponse au système de haine et de mort en place, qui dissimule l’action de Dieu ».