Notre-Dame de Paris : un calvaire ardent

16 Avril, 2019
Provenance: fsspx.news

L’alerte a été donnée vers 18h50 le 15 avril 2019, mais l’incendie qui a défiguré Notre-Dame de Paris n’a pu être maitrisé qu’au petit matin du 16 avril. Alors que le feu a pris dans les combles de la cathédrale, la flèche s’est effondrée sur elle-même. « Les deux tiers de la toiture de Notre-Dame ont été ravagés », a déclaré le général Jean-Claude Gallet, commandant de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. 

La restauration de la flèche et de la toiture constituait la première phase des travaux : l’installation de l’échafaudage débutée en juillet 2018 - une prouesse technique de 500.000 tubes d’acier galvanisés appuyés sur les quatre piliers du transept - était sur le point d’être achevée. 

Cette première phase de travaux, financée par l’Etat à hauteur de 11 millions d’euros, devait s’élever à 150 millions d’euros. Mais le lundi saint 15 avril 2019, peu avant 20 h, la flèche qui devait devenir à nouveau un éclatant joyau, s’est effondrée, embrasée, dans un fracas infernal qui laissa les nombreux témoins présents sur place bouche bée. 

Une flèche à l’image de sa cathédrale, de Paris, de la France : porteuse de la ferveur catholique de tout un peuple, elle aussi disparue. 

Une première flèche fut construite au-dessus de la croisée du transept vers 1250. C’était un clocher qui a comporté au XVIIe siècle jusqu’à cinq cloches. Elle fut démontée de 1786 à 1792. 

Viollet-le-Duc, au moment des travaux de restauration de la cathédrale, décide de mettre en place une seconde flèche dont la charpente serait indépendante de celle de la forêt sur une base octogonale prenant appui sur les quatre piliers du transept. 

En 1860, il charge le charpentier Bellu de ces travaux. Le modèle est celui de la flèche à deux étages imaginée à Orléans en 1852 qui s’éloigne fondamentalement de celle du XIIIe siècle. De plus, cette flèche n’est plus un clocher. 

La flèche domine les statues de cuivre vert-de-grisé des douze apôtres avec les symboles des quatre évangélistes, qui ont providentiellement été descendues quelques jours avant le drame du 15 avril. Il est à noter que Viollet-le-Duc s’est fait représenter lui-même sous les traits de saint Thomas avec son équerre. Il semble contempler le sommet de son « Grand Œuvre ». 

Sur le pinacle se dressait fièrement un coq qui contenait trois reliques : une parcelle de la Sainte Couronne d’épines, une relique de saint Denis et une de sainte Geneviève. Il constitue ainsi un véritable « paratonnerre spirituel » protégeant tous ceux qui œuvrent pour la louange de Dieu, à l’intérieur de la cathédrale, image de la Jérusalem céleste. C’est le cardinal Verdier, archevêque de Paris, qui les replaça en présence du chapitre des chanoines le 25 octobre 1935. 

Mais depuis le XIXe siècle, la structure de la flèche s’est oxydée ; pis, les arcs qui soutiennent la voûte faiblissent sous la poussée des murs, et certains de ces derniers se sont fissurés, sans parler de l’érosion des statues, d’où l’importance d’une restauration dont FSSPX.Actualités s’était fait l’écho le 12 juin 2018

S’affaissant dans la « forêt » embrasée, incroyable charpente contenant des troncs d’arbres qui ont vu Charlemagne, la flèche ardente consuma en un instant les projets d’une restauration prometteuse. 

Il ne reste plus qu’à prier pour que Notre-Dame de Paris retrouve son éclat au plus vite, la ville sa foi, et la nation son rang de digne fille aînée de l’Eglise.