Le « Notre-Dame vietnamien » en sursis

16 Mai, 2019
Provenance: fsspx.news

Vu l’émoi causé par l’annonce de la démolition de la cathédrale de Bui Chu (Vietnam), jugée délabrée et dangereuse, le projet de démantèlement - et de reconstruction - prévu pour débuter le 13 mai 2019, a été suspendu dans l’attente d’une nouvelle concertation entre les différents acteurs locaux. 

Dès son annonce, la décision du diocèse de démolir et de reconstruire l’édifice religieux s'est heurtée à l'opposition de l'opinion publique, qui souhaite à tout prix conserver le lieu de culte qui date de 1885. 

La cathédrale de Bui Chu est située à 118 km au sud de Hanoï. Le bâtiment a été construit il y a 134 ans par l'évêque espagnol Mgr Wenceslao Onate Thuan. Il mesure 78 mètres de long et 15 mètres de haut ; les deux clochers s'élèvent à 35 mètres. 

Peu de temps après l’annonce du diocèse d’Hanoï, vingt-cinq architectes locaux ont envoyé une lettre ouverte au Premier ministre Nguyen Xuan Phuc, au ministre de la Culture et du Tourisme, Nguyen Ngọc Thien, et au président du comité populaire de la province de Nam Dinh, Phạm Dinh Nghị. Ces professionnels leur ont demandé d'intervenir et de sauver la cathédrale. 

Dans leur plaidoyer, la cathédrale est définie comme « un patrimoine architectural, artistique et culturel auquel nos ancêtres ont consacré beaucoup de travail » et une œuvre « unique au Vietnam ». 

En effet, la structure, affirme le collectif d’architectes, « utilise non seulement les langages architecturaux européens, mais combine également des éléments, des détails et des matériaux vietnamiens concourant à produire une œuvre d'art unique, qui témoigne de l’échange culturel entre Orient et Occident ». 

Ces professionnels affirment enfin avoir inspecté la structure et ne l'avoir trouvée que légèrement endommagée, et pouvant perdurer longtemps encore, après consolidation. 

Néanmoins, une nouvelle expertise réalisée le 7 mai 2019, par le ministère de la Culture, a conclu que l'église était sérieusement endommagée. De nombreux éléments, tels que le portail et la coupole, présentent des fissures, sans parler d’une tour qui penche dangereusement : durant la saison des pluies, une partie de la toiture s’est d’ailleurs effondrée.  

Une nouvelle rencontre entre les responsables du diocèse et les architectes doit avoir lieu afin de confronter les différentes positions. Puisse cette nouvelle concertation permettre aux fidèles de retrouver rapidement un lieu de culte digne de ce nom.