Ouvert à tous vents

23 Août, 2019
Provenance: fsspx.news
Cardinal Jozef De Kesel.

Le cardinal Jozef De Kesel, archevêque de Malines-Bruxelles et primat de Belgique, a accordé un entretien sur « le rôle de l’Eglise dans l’Europe moderne », à l’hebdomadaire de langue anglaise New Europe du 5 juillet 2019. Ses réponses sont une profession de foi conciliaire pleinement assumée. 

Sur la sécularisation : « L’Eglise catholique ne s’oppose pas à une société sécularisée. Les citoyens ont le droit de croire ou de ne pas croire, et je défends cette idée. » – Pas un instant ne vient à l’esprit du cardinal qu’une société sécularisée conduit nécessairement à la déchristianisation des lois et des mœurs. Plus réaliste, Chesterton voyait dans le scepticisme pluraliste un état voisin de celui des végétaux : « Les arbres n’ont pas de dogmes. Les navets sont singulièrement larges d’esprit ». 

Sur le Concile : « Pour nous, pour l’Eglise catholique, c’est le concile Vatican II qui a marqué un changement fondamental en matière d’ouverture. Avant Vatican II, l’Eglise avait du mal à accepter la modernité, mais Vatican II a déclaré : “C’est fini, c’est une impasse. C’est infructueux et ce n’est pas la vérité”. » – Autrement dit, l’Eglise était dans l’erreur avant le Concile ; elle a accédé à la lumière en 1962-1965. L’humilité n’est pas une vertu progressiste.  

Sur le dialogue : « Nous avons besoin d’ouverture et de dialogue interreligieux. Bien entendu, ce dialogue existe tout en gardant nos convictions, car dans ce dialogue, l’objectif n’est jamais de convaincre l’autre de se convertir. Le but est d’interagir dans le respect de ce que chacun de nous est. Le but est la richesse de la rencontre, du fait de se connaître. Par exemple, j’ai visité un centre de Scientologie et c’était intéressant de se connaître, de découvrir l’autre dans son altérité. » – Altérité de la Scientologie, source d’enrichissement ! Sans commentaire. Au fond, selon l’archevêque de Malines-Bruxelles, tout est simple : « la mission de l’Eglise est de travailler ensemble pour une société plus humaine et plus juste ». L’ONU ne dit pas autrement. 

Au journaliste qui lui demande s’il est progressiste, le cardinal De Kesel répond en minaudant : « Je ne me sens pas à l’aise quand on dit que je suis “progressiste”. Je préfère le terme “ouvert” ». – Malgré sa prudence rhétorique, le prélat belge est à la fois ouvert et progressiste. Ouvertement progressiste. 

Abbé Alain Lorans