Pachamama jetée dans le Tibre : « un beau geste » assumé par son auteur

12 Février, 2020
Provenance: fsspx.news

Le jeune catholique autrichien qui avait jeté dans le Tibre une statuette en bois représentant la déesse Pachamama au mois d’octobre 2019, assume son geste dans un entretien accordé à Vatican Insider, un site réputé proche du pape François. 

Les 3 et 4 février 2020 s’est tenu à Rome un colloque intitulé National Conservatism, organisé par la Fondation Edmund Burke, dans le but d’unir les efforts de divers mouvements conservateurs européens. 

L’un des assistants à ce sommet n’était autre qu’Alexander Tschugguel, jeune autrichien devenu célèbre pour avoir jeté dans le Tibre l’effigie de la Pachamama - une évocation grossière de la « déesse-Terre » -, une idole qui avait été placée dans une église de la Ville éternelle, durant le synode sur l’Amazonie. 

Vatican Insider a profité de la présence à Rome de celui qui se définit comme « traditionaliste », pour revenir sur un geste qui a été publiquement désapprouvé par le souverain pontife. 

Quand Iacopo Scaramuzzi demande à Alexander Tschugguel comment il analyse, avec le recul du temps, son action, le jeune homme répond que le fait de jeter la Pachamama dans le Tibre était « un beau geste », ce qu’il assume pleinement. 

« Lorsque le synode a commencé », poursuit-il, « et que le ‘rituel de la Pachamama’ a été célébré dans les jardins du Vatican, on a demandé aux pères synodaux le sens de cette cérémonie, mais les réponses ont beaucoup varié. Dans un premier temps, on nous a dit que les effigies vénérées étaient censées représenter en fait la Vierge Marie et sainte Elisabeth, mais un peu plus tard, ce n’était plus le cas, on nous expliquait qu’il s’agissait de représentations païennes certes, mais que l’on pouvait considérer ‘dans un sens catholique’, puis enfin, on a avoué qu’il n’y avait là qu’une cérémonie païenne : beaucoup de questions ont été posées au pape et au Vatican, demeurées sans réponse jusqu’ici. » 

Alexander Tschugguel justifie son geste au nom de la foi : « s’il y a un crime contre le premier commandement, c’est notre droit, et même notre devoir de le réprimer ». 

Interrogé sur la personnalité et l’action du Saint-Père, le jeune autrichien répond avec le souci de la nuance : « il y a deux façons de parler du pape François : d’abord, en tant que pape, et là nous sommes tenus de prier pour le salut de son âme, et aussi afin qu’il guide les âmes vers le Ciel ; ensuite, on peut parler de son action ». 

Le militant précise que, quoi qu’il en soit des intentions du Pape, qu’il « présume bonnes », les catholiques ont le droit de discuter « de façon juste et respectueuse » de l’action pontificale, surtout lorsqu’elle consiste à mettre en œuvre « l’agenda mondialiste émanant des Nations Unies ». 

A la question de Iacopo Scaramuzzi qui s’étonne du fait qu’un catholique ait l’audace de dicter son programme au successeur de Pierre, Alexandre Tschugguel rétorque : « c’est mon devoir de servir le pape, et la meilleure façon de le faire, lorsqu’il emprunte une direction opposée à ce que l’Eglise a toujours enseigné, c’est de lui crier : ‘Attention, regardez, vous allez dans la mauvaise direction’. C’est comme lorsqu’une personne court dans une vallée, et s’apprête à tomber dans un ravin, on lui crie de revenir, d’aller dans l’autre sens ». 

En fait de ravin, c’est plutôt des flots tumultueux de l’Amazone et du Rhin - gonflés par de funestes chemins synodaux - qu’il faudrait garantir en cette année 2020, le Pape et l’Eglise.