Place Saint-Pierre, une crèche napolitaine présentant les œuvres de miséricorde

23 Décembre, 2017
Provenance: fsspx.news

La crèche et le sapin de Noël de la place Saint-Pierre ont été inaugurés le 7 décembre 2017, en fin d’après-midi, en présence du cardinal Giuseppe Bertello, président du Gouvernorat de la Cité du Vatican. Confiée aux bénédictins de Montevergine, de la région de Naples, la crèche est inspirée des œuvres de miséricorde corporelle et compte une vingtaine de personnages en terre cuite polychrome, d’environ 2 mètres. Leurs yeux de cristal et leurs vêtements de tissu leur donnent une véritable apparence humaine.

Un sapin de 28 m de haut est dressé aux côtés de l’obélisque de la place Saint-Pierre, venant de la région d’Elk, au nord-est de la Pologne. Sa décoration a été réalisée par des enfants malades du cancer et des enfants du centre de l’Italie frappé par les séismes de 2016.

« Chaque année, la crèche et l’arbre de Noël nous parlent avec leur langage symbolique » et sont « les signes de la compassion du Père céleste, de sa participation et de sa proximité pour l’humanité », a expliqué le pape François s’adressant le matin même aux donateurs. « Dans la simplicité de la crèche nous rencontrons et contemplons la tendresse de Dieu, manifestée dans celle de l’Enfant-Jésus ». « La crèche est le lieu où nous contemplons Dieu qui, en assumant sur lui les misères de l’homme, nous invite à en faire autant, à travers des actions de miséricorde ». « L’arbre tendu vers le haut nous stimule à tendre nous-mêmes vers “les dons les plus grands” » pour nous « immerger dans la lumière du Christ ». François a également souhaité que Noël « soit l’occasion d’être plus attentifs aux besoins des pauvres et de ceux qui, comme Jésus, ne trouvent personne pour les accueillir ».

Selon une tradition napolitaine, a rappelé le Père Abbé Riccardo Luca Guariglia, la crèche a pour décor des ruines de temple païen, montrant ainsi la supériorité du christianisme. Aux côtés des personnages traditionnels, la crèche présente des œuvres de miséricorde corporelle.

Malgré les explications du pape, le réalisme des personnages et la mise en scène de l’ensemble suscitent des avis contrastés. Certains dénoncent le manque de pudeur et de sacralité, jusqu’à une absence d’âme éclipsant le mystère de la Nativité.

Au nombre de sept, les œuvres de miséricorde corporelle sont : donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus,
 abriter les étrangers, visiter les infirmes,
 visiter les prisonniers,
 ensevelir les morts. Elles ont souvent été source d’inspiration pour les peintres dont Brueghel le jeune (1564-1636), où la simplicité du tableau ne manque pas de réalisme, et le Caravage (1571-1610), dont la représentation moins accessible peut surprendre par son audace.

Il y a également sept œuvres de miséricorde spirituelle : conseiller ceux qui en ont besoin, instruire les ignorants, exhorter les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et les morts. Toutes ces œuvres de miséricorde sont exposées par saint Thomas d’Aquin dans la Somme théologique (II-II, q. 32, a. 2).

La première crèche est attribuée à saint François d’Assise en 1223, décrite par Thomas de Celano, dans la biographie du saint qu’il écrivit après sa mort, sous le nom de Vita Prima.