Présentation de l’apostolat de la Fraternité Saint-Pie X à Narbonne

16 Octobre, 2018
Provenance: fsspx.news

L’abbé François Brunet de Courssou a été ordonné en 2004. Après avoir été en poste en Belgique, au Gabon et en Suisse, il dessert depuis 2016 la ville de Narbonne et son église Notre-Dame de Grâce, construite à la fin du XVIe siècle. Située en plein cœur de l’agglomération, elle est une des plus belles étapes des circuits touristiques de la région. L’attrait de ce magnifique bâtiment cultuel est pour FSSPX.Actualités l’occasion de présenter l’apostolat de la Fraternité Saint-Pie X dans cette ville.   

Monsieur l’abbé, vous desservez la ville de Narbonne dans le département de l’Aude depuis maintenant deux ans. Pouvez-vous tout d’abord nous présenter la ville, son architecture et sa population ? 

La ville de Narbonne a été fondée au IIe siècle av. J.C. Elle ne fut d’abord qu’une petite colonie de la célèbre Via Domitia, la première voie romaine en Gaule. L’empereur Auguste en fit la capitale de ce qui était alors la Gaule narbonnaise. Selon certains auteurs, elle est la première ville romaine fondée hors de l’Italie. Son port est l’un des plus importants de cette région de la Méditerranée. Elle fut une cité brillante, devenant même un temps la capitale du royaume wisigothique au VIe siècle. Au VIIIe siècle, la ville est conquise par les musulmans venus d’Espagne et sera la base de raids remontant la vallée du Rhône. L’armée de Charles Martel va mettre fin à ces exactions et reprendre la Septimanie, mais il reviendra à Pépin le Bref de reconquérir la ville. Cherchant à retrouver sa puissance et son rayonnement, Narbonne va devenir un centre important, commerçant, intellectuel et religieux, en particulier grâce à l’abbaye de Fontfroide. La ville sera le bastion des catholiques lors de la croisade contre les Cathares au XIIIe siècle. Elle restera d’ailleurs très catholique, car les protestants furent chassés de la ville en 1562. Après la Révolution, en 1801, Narbonne perd son siège épiscopal au profit de Carcassonne, alors que son premier évêque fut saint Paul-Serge au IIIe siècle. Elle fut également le siège de l’administration religieuse et civile, les archevêques de Narbonne étant, pendant tout le XVIIIe siècle, les présidents-nés des états du Languedoc du Rhône à Toulouse. 

Quelle est sa particularité sur le plan de l’architecture ?  

L’architecture de la ville retrace un peu toute son histoire, même si la plupart de ses monuments de l’époque romaine ont disparu. On voyage dans les siècles lorsque l’on se promène dans ses rues et ruelles. On peut même mettre ses pas là où les légionnaires romains ont mis les leurs, car une partie de la Via Domitia est laissée découverte sur la place devant l’hôtel de ville. Le quartier le plus marquant est celui de la cathédrale jamais terminée, et du palais des archevêques, devenu malheureusement l’hôtel de ville. La cathédrale est gothique et la quatrième plus haute de France. Elle abrite les plus grandes orgues d’Europe continentale. Si elle n’a pas été achevée, c’est à cause des ravages faits par le Prince noir lors de la guerre de Cent Ans. Le palais des archevêques est le deuxième plus grand après celui d’Avignon. Il est en deux parties, l’une romane et l’autre gothique. Non loin de là, on trouve l’un des rares ponts bâtis de France, et, fait également rare, les maisons sont habitées. Pour les époques plus tardives, nous avons la maison des Trois Nourrices de style Renaissance et, encore plus proches de nous, les Halles de la ville construites à la fin du XIXe siècle.  

A vous entendre c’est véritablement une ville très riche sur le plan historique et artistique…  

Ah oui, c’est vraiment le cas ! D’ailleurs, depuis quelques années, Narbonne est classée ville d’art et d’histoire car il faut reconnaître à la municipalité une véritable volonté de préserver la ville et son patrimoine historique. 

Que pouvez-nous nous dire de sa population ? 

Narbonne compte aujourd’hui environ 55.000 habitants. Elle est la plus grosse ville du département. Au XIXe siècle, de nombreux Espagnols sont venus s’installer à la faveur des guerres carlistes, puis au siècle dernier lors de la guerre civile dans la seconde partie des années 30. Enfin, l’arrivée des Pieds-Noirs après l’abandon de l’Algérie en 1962 a donné un vrai coup de fouet à la démographie. 

Dans quel lieu de culte célébrez-vous la messe ? 

Nous avons la grande chance de célébrer la messe dans l’église Notre-Dame de Grâce, église construite à la fin du XVIe siècle. Elle se situe non loin du centre-ville et est une des étapes des circuits touristiques de la ville. Lors des Journées du patrimoine, l’église est visitée par environ 400 personnes. Maintenant que la messe est célébrée le dimanche à 10 heures, nous avons un peu plus de passage. Dieu fasse que des âmes retrouvent le chemin de l’Eglise... 

Pouvez-vous nous apporter quelques éléments historiques sur cette église ? 

Les Augustins se sont installés à Narbonne dès le XIIIe siècle (1289). C’est même leur première fondation en France. Leurs premiers ermitages vont être incendiés par le Prince Noir lors de la guerre de Cent Ans. Ils seront chassés de leur deuxième installation à la Renaissance. En 1530, ils se voient offrir une maison avec un jardin, et c’est sur cet emplacement qu’ils vont construire leur couvent avec l’église dans laquelle nous sommes. A la Révolution, les bâtiments sont vendus comme biens nationaux et l’église profanée et pillée. Un tanneur s’en servira pour faire sécher ses peaux. En 1817, l’église est rachetée par les Pénitents Blancs qui vont la restaurer et la rendre au culte. Malheureusement, la confrérie disparaît au début du XXe siècle. L’église va être mise à la disposition de la paroisse, mais peu de temps avant la Deuxième Guerre mondiale, elle va être transformée en salle de théâtre et de cinéma. Elle sera rachetée une deuxième fois par les Pénitents Blancs, et, après neuf ans de travaux, de nouveau rendue au culte en 1985 par la réconciliation célébrée par Mgr Bernard Tissier de Mallerais. Ce qui est assez remarquable, c’est que sur les photos de la réconciliation figurent plusieurs prêtres ou séminaristes qui sont devenus desservants de l’église dans les années suivantes. 

L’église est de style gothique méridional : la nef est plus large et plus haute que le chœur. Ceci n’est d’ailleurs pas sans rappeler les églises romanes, et cette similitude est renforcée par la présence de colonnes rondes engagées, ainsi que d’un arc triomphal sur lequel trônent les armes de France.

Façade de l'église Notre-Dame de Grâce.

Est-ce une église appartenant à la Fraternité Saint-Pie X ?  

Non, elle appartient à la confrérie des Pénitents Blancs de Narbonne. Ses membres actuels ont ressuscité l’ancienne confrérie. Ces confréries ont été fondées à l’époque de saint François d’Assise et de saint Dominique. Après le passage des prédicateurs franciscains et dominicains, elles étaient le moyen de persévérer dans ses bonnes résolutions. La couleur de leur habit témoigne de leur mission : les Pénitents Blancs ont une dévotion particulière au Saint-Sacrement. 

Les Pénitents Blancs de Narbonne vont être fondés en 1588 par le Cardinal de Joyeuse qui les associe, en plus de leur culte au Saint-Sacrement, à la gestion de l’Hôtel-Dieu. Au début du XXe siècle, faute de recrutement, la confrérie s’éteint à la mort du dernier membre. 

En 1971, sur les conseils des Bourrats d’Aix-en-Provence et de l’abbé Dulac, avec l’aval du père Calmel, la confrérie reprend corps à Narbonne pour être la gardienne de la messe traditionnelle restaurée dans cette ville. Elle s’installe d’abord dans la salle capitulaire du couvent des Frères du Saint-Esprit, puis elle acquiert l’église des Augustins, Notre-Dame de Grâce. Elle est la première église achetée par la Tradition, à la grande joie de Mgr Marcel Lefebvre. 

A quel rythme y célébrez-vous la messe ? 

Bien sûr tous les dimanches de l’année à 10 h, mais aussi les vendredis soir à 18h30 en dehors des grandes vacances. En plus de cela, grâce à l’aménagement d’un appartement dans les bâtiments attenants à l’église, je peux célébrer la messe deux samedis par mois, le 1er et le 3e. Et nous avons les activités habituelles pour une chapelle : catéchisme pour les enfants et les adultes, cercle de formation, préparation au baptême pour des adules ou au mariage… 

Vos paroissiens sont-ils nombreux ? 

Nombreux c’est très relatif si on compare à d’autres chapelles, mais nous avons un bon groupe de fidèles. L’assistance oscille entre 60 et 80 personnes.  

Y règne-t-il une ambiance particulière ?  

Oui, tout à fait ! Les fidèles sont très sympathiques et ils ont un gros avantage par rapport à d’autres groupes : ils sont très unis car ce sont eux qui ont mené à bien la restauration de l’église, chacun à un degré plus ou moins important. Ce projet les a vraiment soudés et cela se voit au fait que les repas qui sont organisés dans une salle attenante à la chapelle rassemblent la grande majorité des paroissiens. Il faut dire aussi que la cuisine y est particulièrement appréciée ! 

Quelles sont vos rapports avec les services de la ville de Narbonne ? 

A la demande du prieur précédent, l’abbé Dominique Rousseau, j’avais pris contact, il y a maintenant deux ans, avec le maire de la ville de Narbonne, Maître Didier Mouly, dont le père a été maire de la ville durant une trentaine d'années, entre 1971 et 1999. Le but était de me présenter et de parler de nos projets pour l’église. L’entretien s’est très bien passé et il m’a promis son soutien pour les projets dont nous parlerons tout à l’heure. Les autorités nous connaissent aussi car nous faisons régulièrement des processions depuis l’église jusqu’à la statue de Notre-Dame du Pont, qui se trouve le long du canal de la Robine. 

Quels sont les projets liés à cette église ? 

Ils sont nombreux ! Après l’aménagement d’un appartement pour permettre une présence plus importante du prêtre desservant, nous aimerions restaurer la façade qui est très abîmée. La pierre est rongée et sale, comme pour beaucoup d’églises situées en ville. L’église étant classée, nous pouvons obtenir des subventions des Bâtiments de France, de la mairie et de la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles). Cependant, la part qu’il nous resterait à payer demeure trop importante vu nos faibles moyens. Nous sommes en train de lancer une campagne pour rechercher des fonds auprès des Narbonnais et des habitants des villages les plus proches. Nos compatriotes ont de plus en plus de goût pour la préservation de leur patrimoine, et nous espérons pouvoir en profiter quelque peu. 

Après la façade, il faudra réinstaller le banc de communion d’origine. Il est en marbre rose, comme l’autel, et se trouve dans l’église voisine où il a été entreposé lors de l’installation du cinéma. Et puis l’électricité est à refaire, l’éclairage de l’église pour être plus précis. Ensuite nous voudrions installer une sonorisation correcte. A côté de cela, il y a également l’entretien courant des bâtiments, ainsi que d’autres choses à réparer ou améliorer. Il faudrait que nous rachetions aussi un peu de matériel liturgique et, si possible, aménager une bibliothèque. C’est comme partout : beaucoup de besoins, peu de moyens. Mais avec le temps et l’aide du ciel nous y arriverons, c’est pour la bonne cause. 

Vous avez vécu en Afrique, au Gabon précisément, dans une terre de mission. Voyez-vous également la France comme une terre de mission ? 

Oui, bien sûr. Je ne pense pas être le seul à constater cela, mais les oppositions violentes que les catholiques traditionnalistes pouvaient rencontrer il y a quelques années, même si elles n’ont pas complètement disparu, ont considérablement diminué. La plupart des gens aujourd’hui ne connaissent plus rien. Il n’est plus rare d’entendre des gens qui ne savent pas répondre à leurs enfants lorsque ceux-ci demandent la raison de notre soutane. Il y a une véritable ignorance. Mais ce qui est certainement pire, c’est l’indifférence : l’habit religieux ne soulève plus de questions, juste une réaction de surprise vite étouffée. 

Comment vous aider ? 

Bien sûr par la prière en tout premier lieu, car si nous sommes des instruments pour la conversion des âmes, c’est Dieu qui l’opère. Il faut que les âmes qui visitent notre église se laissent toucher par la beauté des bâtiments mais surtout par l’atmosphère qui y règne, qu’elles se laissent « aviser » par leur Sauveur réellement présent au Tabernacle, comme disait le paysan d’Ars. Il faut que les personnes se posent enfin LA question, le pourquoi, la raison d’être d’une église et qu’ils en tirent les conséquences. Mais pour cela il faut qu’ils soient réceptifs à la grâce. 

Et puis, il est possible de nous aider financièrement. L’association des Pénitents Blancs peut délivrer des reçus fiscaux permettant de déduire des impôts une partie de la somme donnée. Donner plus pour l’Eglise et moins à l’Etat, qui cela ne tente-t-il pas ?! 

*****

Les dons sont à envoyer à l’adresse suivante (précisez si vous désirez un reçu fiscal) : 

- par chèque à l’ordre « Association les Pénitents Blancs » : 
Association les Pénitents Blancs 
chez Monsieur Michel Pailhiez 
5 impasse Gutenberg 
F - 11200 Lézignan-Corbières 

- par virement (envoyez votre adresse par courriel si vous désirez un reçu fiscal à [email protected]) : 
RIB : 12939 00015 11405507471 07  
IBAN : FR76 1293 9000 1511 4055 0747 107 
BIC : BDUPFR2S