Quatrième condamnation à mort pour Vincent Lambert

11 Avril, 2018
Provenance: fsspx.news

Le 9 avril 2018, les médecins du centre hospitalier de Reims ont décidé pour la quatrième fois l’arrêt des traitements de Vincent Lambert. Dans une semaine, le malade ne sera plus alimenté et ses jours seront comptés.

Au terme d'une quatrième procédure dite collégiale, l'établissement hospitalier de Reims s'est de nouveau prononcé, le lundi 9 avril, en faveur de l’arrêt des soins de Vincent Lambert, un patient en état de conscience minimale après un accident de la route survenu en 2008.

Les avocats des parents de l’ancien infirmier de 41 ans ont aussitôt annoncé leur intention de déposer un référé-liberté, procédure susceptible de geler la décision des médecins.

« Nous sommes en présence d'une décision d'euthanasie, d'arrêt de vie, et Viviane Lambert (la mère du patient), son père, son frère et sa sœur ont reçu cette décision comme un coup de poing dans l'estomac. Ils ont assisté aujourd'hui à une condamnation à mort », a déploré Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent.

Les avocats de la famille Lambert s’appuient sur l’avis de 24 médecins spécialistes de la prise en charge de malades en état « pauci-relationnel ». Tous, après avoir étudié le cas de Vincent, ont estimé que ce dernier pouvait et devait « être rééduqué à manger par la bouche, selon des protocoles précis ».

Stéphane Kovacs, dans le journal Le Figaro, rappelle que les avocats des parents demandent toujours le transfert de leur fils vers un autre établissement, « dans une unité spécialisée, qui aurait pour lui un projet de vie et non un projet de mort ».

L’enseignement constant de l’Eglise catholique en la matière avait été rappelé le 1er août 2007 par la Congrégation pour la doctrine de la foi dans une réponse aux questions de la Conférence épiscopale des Etats-Unis : « L’administration de nourriture et d’eau, même par des voies artificielles, est en règle générale un moyen ordinaire et proportionné de maintien de la vie. Elle est donc obligatoire dans la mesure et jusqu’au moment où elle montre qu’elle atteint sa finalité propre, qui consiste à hydrater et à nourrir le patient. On évite de la sorte les souffrances et la mort dues à l’inanition et à la déshydratation ».

Dans le même document, il est rappelé qu’on « ne peut pas interrompre la nourriture et l’hydratation fournies par voies artificielles à un patient en ‘état végétatif permanent’ », et cela même lorsque « des médecins compétents jugent avec certitude morale que le patient ne reprendra jamais conscience ».

Le législateur a tranché en France de façon contraire. Le 30 avril 2008, Jean Léonetti, rapporteur de la Loi sur la fin de vie, avait précisé que l’alimentation artificielle n’était pas un moyen ordinaire mais « un traitement, qui peut donc être arrêté », ouvrant la voie au meurtre programmé de patients arbitrairement privés des soins ordinaires et proportionnés à leur état.