Russie : une église du XVIIIe siècle brûlée au nom de Satan

28 Août, 2018
Provenance: fsspx.news

L’église de l’Assomption de Kondopoga n’est plus. Elle a été détruite le 10 août 2018 par un pyromane d’une quinzaine d’année se réclamant du satanisme et voulant se rendre célèbre dans le monde entier. 

Datant de 1774, l’église de l’Assomption était un chef-d’œuvre unique de l’architecture russe en bois, symbole du Grand Nord russe. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le sanctuaire était, par son importance culturelle, le second monument de Carélie, république russe située dans le nord-ouest de la Fédération. 

Haute de 42 mètres, l’église a été réduite en cendres en quelques heures, malgré l’intervention des pompiers. L’édifice avait été conservé intact durant toute l’époque soviétique vu son caractère unique, alors que le régime avait très souvent détruit le patrimoine religieux. A l’intérieur se trouvait une iconostase authentique en bois à multiples niveaux et un plafond en segments peints représentant la Liturgie céleste avec le Christ en gloire assis au centre entouré d'archanges et de saints. « Ces cieux étaient uniques pour leur iconographie », souligne Andreï Tchekmariov, un critique d’art interrogé par l’agence d’information Sputnik. 

Un adolescent de 15 ans – Ignat Sharapov – a revendiqué l'acte sacrilège au nom de Satan. Les sectes sataniques en Russie, dont le nombre est difficile à évaluer mais qui se répandent sur tout le territoire, séduisent en majorité des jeunes “en perte de repères spirituels” – figure de style qui désigne surtout, outre l’ignorance religieuse et la bêtise, la révolte contre Dieu et la recherche des biens de ce monde dont le prince est Satan. 

A l’automne dernier, le député russe Ivan Soukharev, premier vice-président de la Commission de la Douma sur les associations publiques et les organisations religieuses, avait demandé l’interdiction de l’Eglise satanique de la Fédération de Russie, reconnue légalement depuis le 10 mai 2016.