Sainte-Sophie : un malheur peut en cacher un autre

20 Juin, 2020
Provenance: fsspx.news

Ce qui reste l’une des plus antiques basiliques chrétiennes a-t-elle vocation à devenir le temple de l’œcuménisme ? Le chef de file des chrétiens arméniens de Constantinople souhaite la célébration simultanée des cultes chrétien et musulman entre les murs de Sainte-Sophie.  

Pour Sahak II Maşalyan - patriarche arménien séparé de Rome - « le salut du monde est l'alliance entre la croix et le croissant et l'honneur de manifester cette paix au monde est digne de la République de Turquie », rapporte l’agence Fides, le 16 juin 2020. 

Suivant cette prémisse pour le moins désarmante - lorsqu’on se rappelle comment le très islamique Empire ottoman a traité les chrétiens arméniens entre 1015 et 1917 - le patriarche souhaiterait que Sainte-Sophie fût rendue simultanément aux cultes chrétiens et musulmans, afin que « le monde puisse applaudir notre paix religieuse et notre maturité ». 

Et le chef religieux des arméniens de Constantinople de conclure : « Ne croyons-nous peut-être pas tous dans le même Dieu, même si nos croyances sont différentes ? Je ne crois pas que le lieu de prière qui a absorbé 1 000 ans de prières chrétiennes et 500 ans de prières musulmanes dans ses murs, et les a synthétisées dans sa mystérieuse existence, aurait quelque chose à redire à cette pratique ». 

D’aucuns veulent voir dans cette rhétorique nauséabonde un moyen de mettre la pression sur le Conseil d’Etat qui doit examiner, le 2 juillet prochain, la possibilité d'ouvrir à nouveau au culte islamique l’édifice byzantin, ce qui constituerait une victoire pour le parti islamique du président Recep Tayyip Erdogan au pouvoir, et un signe inquiétant à l’égard de la minorité chrétienne. 

Du haut de ses quinze siècles d’existence, l’édifice achevé sous l’empereur Justinien croyait avoir tout vu : tremblements de terre, couronnements impériaux, pillages, schismes, profanations en tous genres ; il ne manquerait plus qu’elle devînt un supermarché de l’œcuménisme… 

Mais il ne faut pas non plus être dupe : une telle cohabitation ne saurait durer ; ce ne pourrait être qu’une transition en douceur vers la reprise du contrôle total de l’édifice par l’islam. Et les ronds de jambe du patriarche ne sauraient le préserver d’un évincement tôt ou tard.