Soudan du Sud : la médiation de l’Eglise a porté ses fruits

30 Mars, 2020
Provenance: fsspx.news

Au Soudan du Sud, l’activité de la diplomatie vaticane n’aura pas été sans effet : les hommes forts du pays, Salva Kiir et Riek Machar ont entamé la formation d’un gouvernement d’unité nationale qui doit mettre fin à une guerre civile ethnique ayant causé la mort de plus de 400 000 personnes. 

On se souvient encore de la rencontre inédite organisée au Vatican en avril 2019, entre les deux frères ennemis Salva Kiir et Riek Machar, afin d’aider à affermir l’accord de paix au Soudan du Sud, conclu en 2018. 

A l’issue de ce que le Saint-Siège avait présenté comme une retraite spirituelle, le souverain pontife avait reçu les deux hommes et leur suite : « il y aura des luttes entre vous, mais qu’elles restent dans le bureau ; devant le peuple, unissez-vous les mains », avait déclaré le pape François, avant de s’agenouiller et d’embrasser les pieds de Salva Kiir et de Riek Machar. 

Après plusieurs mois de tergiversations en tous genres - et de rencontres organisées par l’Eglise - les maîtres du Sud Soudan se sont retrouvés pour faire un pas décisif en faveur de la paix, dans la capitale, Juba, le 20 février 2020. 

Le président en exercice, Salva Kiir, a annoncé la nomination de l’ancien chef rebelle Riek Machar, à l’un des postes de vice-président, ouvrant la voie à un gouvernement d’unité nationale qui pourrait marquer la fin d’un conflit qui a fait en quelques années plus de 400 000 morts et déplacé quatre millions de personnes. 

En effet, dans la foulée d’une indépendance acquise de haute lutte en 2011, le Soudan du Sud - Etat majoritairement chrétien - sombrait deux années plus tard dans une guerre ethnique opposant le chef de l’Etat Salva Kiir - un Dinka - et son vice-président Riek Machar, un Nuer. 

Depuis, la diplomatie vaticane a fait feu de tout bois, et le résultat semble au rendez-vous : « J’ai pardonné à mon frère Riek Machar, et je demande aussi son pardon. J’invite tous les peuples du Soudan du Sud à se pardonner les uns les autres, en particulier les communautés Nuer et Dinka », a déclaré Salva Kiir le 20 février. 

Et Riek Machar d’abonder dans le même sens et de l’assurer à ses concitoyens : « Nous allons travailler collectivement pour mettre un terme à vos souffrances ». 

Pendant trois ans, le gouvernement d’unité devra unifier les forces armées, endiguer la crise humanitaire, redresser l’économie, rédiger une Constitution, et préparer le terrain à des élections…  

Lu prudence reste cependant de mise, tant la tâche paraît ardue, mais « nous sommes sur le bon chemin de la paix, souhaitée par le pape François », veut-on croire du côté de la présidence.