Un archéologue aurait découvert l’autel du Tabernacle de Silo

19 Novembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Une récente découverte sur le site de l’antique Silo, cité connue dans la Bible pour avoir abrité le Tabernacle durant la période des Rois, avant la construction du Temple de Jérusalem, met en ébullition le monde de l’archéologie biblique, et relance le débat sur le lien entre narration sacrée et science historique. 

Le Jerusalem Post relate dans son édition du 31 octobre la découverte faite par Scott Stirpling et son équipe constituée de deux cents archéologues et volontaires. Effectuant des fouilles sur le site de l'antique Silo, les chercheurs ont mis à jour, à la fin de l’été 2019, une corne de pierre qui serait l'un des quatre angles d'un autel disparu. 

Cette découverte, corroborée par d’autres éléments, concorde avec le récit biblique. Ainsi, plusieurs grands « pithoi », des jarres rituelles utilisées par les Israélites, ont été trouvées à l'intérieur d'une salle de stockage. De même, un « kobaat », gobelet ou calice rituel, a été déterré. Surtout, à l’été 2018, un petit objet en céramique en forme de grenade avait été trouvé par les archéologues. « La grenade est un motif sacré, explique Scott Stirling, et les seuls sites en Israël où nous avons trouvé des grenades comme celle-ci sont des sites lévitiques ».  

L’objet mesure entre 6 et 7cm et possède des crochets avec lesquels il pouvait être suspendu. La Bible décrit de tels objets ornant le bas de l’éphod, la robe du grand prêtre : « tu mettras au bord inférieur des grenades de pourpre violette, de pourpre écarlate et de cramoisi, sur le bord inférieur tout autour », lit-on dans le livre de l’Exode (28, 33).  

« Il y a sept aliments sacrés en Israël, poursuit l’archéologue, deux grains et cinq fruits, mais un seul d'entre eux entre en présence de Dieu, un seul est sacré, c'est la grenade. La grenade est un motif majeur du tabernacle et des temples ».  

Les rationalistes restent sceptiques 

Cependant l’enthousiasme de Scott Stirling est loin d’être partagé par toute la communauté scientifique. Jacob Wright, professeur d’exégèse à l'Université Emory d’Atlanta (Etats-Unis), explique de son côté : « Il existe essentiellement deux écoles en ce qui concerne l’archéologie biblique : l’une maximaliste et l’autre minimaliste. Les maximalistes sont ceux qui creusent avec une pelle dans une main et la Bible avec l’autre : ils considèrent la Bible comme une source de première main, au même titre que n’importe quel témoin archéologique ». Quant aux minimalistes, ils « tentent de dissocier leurs conclusions du texte sacré, souvent au nom d’une vision politique consistant à contester la légitimité de l’Etat d’Israël ». « La plupart des archéologues se situent quelque part au milieu, entre ces deux tendances », que le professeur qualifie d’« extrêmes ».  

« Imaginons par exemple que nous trouvions beaucoup d’éléments en lien avec le culte, à Silo, et que la Bible décrive de son côté des éléments similaires : cela prouve-t-il que le récit biblique trouverait là une confirmation irréfutable ? », demande Jacob Wright. Sa réponse est négative : « cela indique seulement que ce site était un important centre de culte. Une chose est ce que dit la Bible, une chose ce que dit l’archéologie ». Certes, mais si l’un et l’autre coïncident ? Si le récit biblique est confirmé - ou non -, cela est-il de peu de valeur ? Un récit, fût-il sacré, de faits historiques, est-il sans valeur historique parce qu’il est sacré ? La position du professeur américain trahit un fort préjugé qui ressemble à du scepticisme... 

Brent Nagtegaal représente l’Armstrong International Cultural Foundation à Jérusalem. Pour lui, une conclusion s’impose : « nous pouvons préciser la date de vestiges découverts, mais sans la Bible, nous ne comprenons pas le contexte de cette découverte. La Bible reste encore le meilleur outil dont disposent les archéologues en Israël. » Seule elle est capable de donner du sens et une explication aux découvertes dont elle est contemporaine.