Un évêque philippin s’élève contre la pratique d’applaudir durant la messe

07 Avril, 2020
Provenance: fsspx.news

Qui aurait applaudi au Calvaire ? La Vierge Marie ou l’Apôtre que Jésus aimait l’auraient-ils fait ? Telle est la question que Mgr Socrates Buenaventura Villegas, archevêque de Lingayen-Dagupan et président de la Commission des séminaires de la Conférence des évêques des Philippines (CBCP), pose aux fidèles dans sa lettre pastorale pour le Carême 2020. 

Dans le document publié le 21 février, le prélat demande aux catholiques de « s'abstenir des applaudissements inappropriés pendant la messe pouvant nous faire passer à côté du vrai sens de la liturgie et du culte chrétiens ». 

« Le mercredi des cendres, qui ouvre la saison du Carême », poursuit Mgr Villegas, « nous donne une bonne occasion de réfléchir sur la valeur et l'importance de la sobriété, du silence et de la maîtrise de soi dans la recherche du caractère sacré de la vie ».  

Et le prélat de rappeler que le pape saint Pie X avait interdit de l'applaudir à l'intérieur de la basilique Saint-Pierre, disant qu’« il n'est pas juste d'applaudir le serviteur dans la maison du maître ». 

« Le temps du Carême - conclut Mgr Villegas - a une couleur austère ; l’ornementation de l'autel est sobre. Les instruments de musique sont modérés, nous jeûnons avec joie et gardons de la retenue : ajoutons plus d’abstinence, évitons les applaudissements dans l'Eglise. Puisse cette abstinence d'applaudissements s’étendre aussi aux autres jours de l'année ». 

Cette saine réaction de bon sens de l’archevêque de Lingayen-Dagupan concerne la liturgie de l’Eglise. Les dérives qu’il dénonce sont en fait les conséquences des réformes entreprises à la suite du concile Vatican II et de la Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium, promulguée le 4 décembre 1963. 

En effet, le texte conciliaire demandait - entre autres - l’édition de « rituels particuliers adaptés aux nécessités de chaque région », et donnait pouvoir aux Conférences épiscopales et aux évêques diocésains, d’adapter les rites aux cultures locales, en lançant si besoin des expérimentations.  

En ouvrant, en vertu de principes erronés, la boîte de Pandore liturgique, Vatican II a laissé libre cours à tous les excès. Des effets, il suffit de remonter à la cause pour comprendre à quel point la réforme liturgique de Vatican II fut et demeure ratée.