Un sanctuaire byzantin du sixième siècle vient d’être extrait des sables de Judée

12 Novembre, 2019
Provenance: fsspx.news

L’Autorité des antiquités d’Israël (AII) a rendu publique, le 23 octobre 2019, la découverte des vestiges d’une église byzantine datant du VIe siècle. Par son ampleur, cette découverte serait l’une des plus importantes réalisée à ce jour sur un site byzantin en Terre sainte. 

En 2016, à la faveur de travaux d’urbanisation entrepris à Bet Shemesh, une ville moyenne située à 30 kilomètres à l’ouest de Jérusalem, un marteau-piqueur butte sur un obstacle inattendu : le mur d’une église oubliée dans les sables de Judée. 

Après trois ans de fouilles, le site a été présenté à la presse. Il ne s’agit pas d’un simple oratoire, mais d’une véritable basilique couvrant une surface de près de 1500 mètres carrés, avec une nef principale, deux bas-côtés, deux chapelles et une crypte. Cachés et ensevelis, les murs de l’édifice déblayés dévoilent de riches mosaïques représentant des végétaux, des oiseaux, ainsi que des motifs géométriques et des fragments de fresques polychromes… 

A l’entrée de l’église, une inscription rédigée en grec mentionne un « glorieux martyr » dont l'identité n’a pu être déterminée. La fouille minutieuse de la crypte, qui jadis devait receler les reliques de ce saint, sera décisive. 

« Très peu d'églises en Israël ont été mises à jour avec une crypte absolument intacte », a expliqué Benjamin Storchan, directeur des fouilles de l’AII, qui n’en revient pas encore de l’état de conservation du site. « La crypte, ajoute-t-il, est accessible par deux escaliers parallèles. Cela permettait au flux des pèlerins, après avoir accompli leurs dévotions, de circuler avec facilité. La richesse de l’ornementation et des inscriptions indique d’autre part que le martyr vénéré ici devait être une figure importante du christianisme ». 

Edifiée sous le règne de l’empereur Justinien (527-565), l'église fut agrandie d’une chapelle grâce aux dons de l'empereur Tibère II Constantin (574-582), comme l'atteste une inscription grecque découverte à côté d’une mosaïque figurant l’aigle impérial aux ailes déployées. 

Les scientifiques ont également découvert des fonts baptismaux en forme de trèfle à quatre feuilles, un motif rarissime dans les sites byzantins recensés en Terre Sainte, mais répandu ailleurs dans l’Empire, jusqu’en Afrique du Nord. 

Enfin, près d’un millier d'artefacts ont été extraits des fouilles. Parmi eux se trouve l’éventail le plus complet de vitraux et de lampes byzantines jamais découverts sur un site en Israël, sans parler de 300 lampes en argile datant de la période abbaside, retrouvées intactes. 

La plupart de ces objets ont quitté l’église où ils reposaient depuis quinze siècles. Ils sont présentés au public depuis le 23 octobre au Musée des Terres de la Bible, à Jérusalem. L’exposition est tout entière consacrée à cette incroyable découverte d’un sanctuaire majeur, une basilique dédiée à un martyr aussi glorieux que mystérieux.