Une secte satanique obtient sa reconnaissance publique

06 Novembre, 2019
Provenance: fsspx.news

Depuis le 8 octobre 2019, une organisation revendiquant des valeurs ouvertement satanistes peut utiliser pour la première fois un espace dédié par l’US Navy, afin de faire du prosélytisme parmi les élèves officiers. Elle a obtenu cette possibilité au nom du premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui proclame la liberté religieuse et son exercice dans le pays. 

Fondée en 2013 par Lucien Greaves et Malcolm Jarry, l’organisation « Temple satanique » (Satanic Temple) a le culte de la contradiction : d’une part elle revendique un athéisme militant en se prétendant non théiste et en affichant sa volonté de lutter contre les chrétiens conservateurs, mais d’autre part elle n’hésite pas à s’affirmer comme une religion, afin de pouvoir bénéficier des largesses du premier amendement de la Constitution des Etats-Unis qui défend la liberté religieuse. 

Le Temple satanique serait, selon ses fondateurs, une nouvelle expression de « l’Eglise de Satan », une autre secte qui affiche son satanisme de façon plus fanatique, ce qui la rend moins fréquentable. Il n’en demeure pas moins une organisation anti-chrétienne qui adore celui que le Christ a combattu sur terre, le prince de ce monde. 

La liberté religieuse pour les satanistes ! 

Le 8 octobre 2019, les élèves officiers de l’US Navy basée à Annapolis (Maryland) ont été informés par la direction que les adeptes du Temple satanique pourraient désormais se réunir au sein de l’école militaire, afin de « promouvoir une pensée et un débat critique sur les valeurs sataniques ».  

Le porte-parole de l’Ecole navale américaine, Alana Garas, a expliqué que, « récemment, plusieurs élèves professant les convictions du Temple satanique se sont rassemblés afin de réclamer un espace de réunion, dans le but de discuter de leurs croyances et de les partager ». Et d’ajouter, benoîtement, qu’il « s’agit seulement d’un espace dédié à l’étude, et non de l’organisation d’un rituel satanique ». Il n’y aura donc pas de messes sataniques sur le campus militaire... Mais on y prêchera la Bête de la terre et de la mer (cf. Apoc. 13). 

Le Temple satanique revendique aujourd'hui environ 100 000 adeptes aux Etats-Unis et au Canada. Depuis le mois d’avril 2019, la secte a réussi à obtenir le statut envié de « religion » aux Etats-Unis. 

Un cas affligeant d’application de la liberté religieuse, qui imprègne l’histoire et la culture américaine. Cette liberté fut importée au concile Vatican II par le jésuite américain John Courtney Murray, l’un des rédacteurs de la déclaration Dignitatis humanae (7 décembre 1965). En suivant la lettre comme l’esprit de ce document qui imprègne désormais les discours des autorités de l’Eglise, nul ne saurait refuser ce prétendu droit reconnu à n’importe quel groupe de pouvoir, en privé comme en public, répandre ses erreurs et ses pratiques. 

Gens humana ruit per vetitum – la race humaine se rua vers l'impiété défendue – écrivait Horace dans ses Odes, dénonçant l’audace orgueilleuse des hommes se révoltant contre les dieux. Une maxime qu’auraient intérêt à méditer les responsables de l’US Navy, au risque de subir un funeste naufrage... spirituel celui-là.