Vénézuéla : l’Eglise au chevet des populations victimes du socialisme

10 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news

Alors que le pays sombre dans un chaos humanitaire, l’Eglise catholique, déjà impliquée au plan politique, cherche également à parer aux besoins vitaux des populations.  

Depuis plusieurs mois, le Vénézuéla s’enfonce dans une crise dramatique : le pays est désormais en proie à des pénuries de produits alimentaires et de médicaments. Caracas, principal importateur, est en manque de liquidités, en raison de l’effondrement de la production pétrolière - 96 % des ressources du pays - et de son éviction des marchés financiers, du fait des sanctions de Washington. 

Selon l’Organisation des Nations unies, près d’un quart des 30 millions de Vénézuéliens auraient besoin d’une aide urgente et plus de 22 % des enfants de moins de 5 ans souffriraient de malnutrition chronique. 

Dans ce contexte alarmant, l’Eglise catholique a décidé de mobiliser tous ses moyens : chaque paroisse du pays accueille les plus affamés. Ainsi la seule paroisse de San Sebastian de Maiqueta, située en périphérie de la capitale, nourrit chaque jour près de 150 personnes, principalement des personnes âgées, des infirmes et des familles nombreuses.  

Le cardinal Baltazar Enrique Porras, administrateur apostolique du diocèse de Caracas, a récemment demandé à la Conférence épiscopale espagnole de débloquer une aide d’urgence pour l’Eglise vénézuélienne afin de répondre aux besoins des populations. 

« Je vois de nombreux prêtres partir », déplore le père Leon, car ils « succombent à la tentation de quitter le Venezuela et de laisser leur troupeau sans berger, alors que notre mission consiste à nous battre en donnant le meilleur de nous-mêmes ». 

L'Eglise demeure l'une des rares institutions encore crédibles et debout au milieu du chaos : « pour nous, le prêtre est notre guide. Il nous aide à garder la foi et l'espérance. Si nous n'avons pas la foi, nous ne verrons jamais le bout du tunnel », explique Sonia Rosas, paroissienne de San Miguel. 

Le père Wilfredo Leon ne mâche pas ses mots lorsqu’il pointe du doigt les raisons de la crise : « le fléau qui s’est abattu sur nous a pour nom le socialisme populiste qui affecte de nombreux pays d’Amérique latine, derrière lequel se cache une mafia corrompue et génocidaire ».