Vénézuéla : l’Eglise est priée de ne pas faire de politique en chaire

20 Janvier, 2020
Provenance: fsspx.news
Nicolas Maduro.

Alors que le pays traverse une crise institutionnelle et économique sans précédent, le chef de l’Etat vénézuélien a demandé à l’Eglise catholique de « ne pas faire de politique du haut de la chaire ».

La tension entre l'Eglise catholique et Nicolas Maduro est montée d’un cran au Vénézuéla le 14 janvier 2020, jour du traditionnel pèlerinage de Barquisimeto, l’une des plus grandes processions d’Amérique latine dédiée à la Vierge, invoquée sous le vocable de « Divina Pastora ». 

Il faut rappeler d’abord que le pays est actuellement plongé dans une crise politique, économique et sociale sans précédent initiée par la succession d’Hugo Chavez (1999-2013). Ce dernier a instauré un régime révolutionnaire bolivarien et socialiste. 

Depuis janvier 2019, le président de l’Assemblée nationale, Juan Guaidó s'est proclamé Président légitime, dénonçant le maintien au pouvoir de son rival, Nicolas Maduro. Le premier est reconnu par une soixantaine de pays, dont les Etats-Unis et la plupart des pays occidentaux (Allemagne, Australie, France, Japon, Royaume-Uni), alors que le second a le soutien d’une vingtaine de pays, dont le Mexique, la Chine, l’Iran ou la Russie, et l’Alliance bolivarienne pour les Amériques. 

Dans cette grave situation, l’Eglise tente un rôle de médiation, sans grand succès. Mais pour le président vénézuélien : la crise et les défaillances des services publics sont dues aux « agressions » constantes venant des Etats-Unis. 

A l’occasion de l’homélie, lors du pèlerinage susmentionné, l’ordinaire du lieu, Mgr Victor Hugo Basabe, a fustigé une partie de la classe politique corrompue, raillant « ceux qui sont les principales causes de toute cette tragédie » dans le pays. L’archevêque de Barquisimeto a poursuivi son réquisitoire contre l’exécutif, en condamnant « l’usage lâche » des armes qui a été fait contre des civils. 

La réponse de Nicolas Maduro n’a pas tardé. Profitant d’une tribune à l'Assemblée nationale, le chef de l’Etat a répondu en critiquant la « politisation » de la procession mariale. D’autant que Juan Guaido, chef de l’opposition, notoirement soutenu par l’administration américaine, y participait. 

« Les évêques doivent apprendre à respecter le peuple catholique du Vénézuéla, ils doivent apprendre à respecter la prière sincère de l'homme et de la femme humbles, qui ne veulent pas voir les chaires de leurs églises politisées, en faveur d’une politique rétrograde et réactionnaire de droite », a déclaré Nicolas Maduro. 

La statue de la Divina Pastora (la “divine bergère”) est représentée tenant l’Enfant Jésus avec un agneau à ses côtés. Patronne de la ville de Barquisimeto, elle est emmenée en procession depuis 1855, année où son intercession sauva la ville d’une épidémie de choléra. Puisse-t-elle aujourd’hui intercéder pour débarrasser le pays de ses vrais ennemis.